Publicité Edito. David Lisnard, l'homme pressé. Le maire de Cannes s'est lancé dans la course à la présidentielle. Il parcourt la France pour présenter son programme libéral-conservateur. Réussira-t-il à inverser la tendance alors que les sondages ne lui sont, pour l'instant, pas favorables ?
Enregistrer Partager E.N Éric Neri CRÉÉ LE 20 juin 2026 • 10:10 MIS À JOUR LE 20 juin 2026 • 10:10 David Lisnard, maire de Cannes et candidat à la présidentielle. Photo Nice-Matin
À 57 ans, le maire de Cannes David Lisnard n'a plus de temps à perdre, même s'il traîne toujours cette allure d'éternel quadra aux rares cheveux blancs. À peine son visage sec de marathonien s'alourdit-il désormais de poches sous les yeux. Sans doute les effets de la course de fond dans laquelle il s'est lancé depuis un bon moment déjà : briguer en 2027 la magistrature suprême. Il a préparé le terrain en créant son propre mouvement Nouvelle Énergie, puis en étant élu à la présidence de l'Association des maires de France. Ces derniers mois, il rongeait son frein, ne cachant plus ses ambitions et ses vives critiques vis-à-vis des Républicains, auxquels il reproche leurs compromissions avec le macronisme. Il annonça finalement le 31 mars ce qui n'était plus qu'un secret de Polichinelle : sa candidature à l'Élysée et son départ de LR.
Un programme de rupture libéral-conservateur
Il défend un programme de rupture libéral-conservateur prônant une baisse significative des charges et des impôts, une « débureaucratisation » de l'État, le « rétablissement de la sécurité », une lutte renforcée contre l'immigration irrégulière et le « redressement » du système éducatif. Cette semaine, il a indiqué qu'il étendrait le champ du référendum en modifiant l'article 11 de la Constitution pour « rendre la parole au peuple » et qu'il rétablirait le septennat renouvelable. Une déclaration faite à Bayeux, la ville de Normandie où le général de Gaulle posa, dans un discours en 1946, les bases de ce qui serait 12 ans plus tard la Constitution de la Ve République. Le choix de ce lieu relève-t-il de l'hubris ou de la simple volonté de manier les symboles avec une vision des institutions qui revient aux sources de la Ve République ?
Une primaire à droite pour départager les candidatures
Sa proposition de départager les multiples candidatures au centre et à droite à travers une primaire « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo » se heurte au mur des ambitions et notamment à celle d'Édouard Philippe, qui fait toujours la course en tête dans les sondages, dans cette fraction de l'électorat. Il parie sur l'effondrement des candidats liés de près ou de loin au macronisme pour renverser la tendance au début de l'année prochaine. Pour l'instant, le baromètre Ifop-Fiducial, publié cette semaine dans Paris Match, ne le donne qu'à la 34e place, bien loin des sommets, même s'il a gagné 11 places en deux mois. Aura-t-il un destin à la Bruno Le Maire, qui réalisa 2,4 % à la primaire de la droite en 2016, ou à la Emmanuel Macron, qui conquit l'Élysée à la hussarde en 2017 ? C'est bien le seul domaine où le président de la République lui sert de modèle.
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