Comme en 2025, la Scène conventionnée de Rochefort n’a pas d’autres choix que de solliciter les dons du public pour boucler son budget et maintenir sa qualité. C’est reparti pour un tour à la Coupe d’Or. Comme elle avait dû s’y résoudre l’an passé, la scène conventionnée lancera sa deuxième campagne de dons ce mardi 19 mai à 20 heures en réunissant au théâtre ses fidèles spectateurs, les autres étant aussi les bienvenus. Ce n’est pas de gaieté de cœur, mais c’est ainsi que le budget sera peut-être bouclé pour maintenir la qualité en 2026-2027.
Un budget en baisse de 100 000 euros
Comme les autres institutions culturelles, la salle rochefortaise est obligée de racler les fonds de tiroir pour garder la tête hors de l’eau. « Les subventions de la Ville, de l’Agglo, du Département et de la Région ont baissé depuis deux à trois ans. Ça ne s’aggrave pas, mais cette année, l’État annonce aussi des baisses ; pour nous, ce serait - 4 %, soit 10 000 euros. D’1,2 million, notre budget est passé à 1,1 million. Comment compenser ces 100 000 euros en moins ? », demande le directeur Franck Becker qui fait les comptes.
Des choix douloureux pour préserver la qualité
Il a fait des choix sur ses trois postes de dépenses. Au volet programmation, il a maintenu le nombre de spectacles, mais choisi des productions aux effectifs plus réduits et aux décors plus simples pour limiter manutentions et salaires. « Malgré les aides qui chutent, nous devons préserver nos recettes de billetterie en maintenant notre capacité d’accueil à 20 000 spectateurs. » Au volet soutien à la création, la Coupe d’Or reste vaillante d’autant qu’elle est en train de renouveler son label de scène conventionnée. C’est sur les aides à la création qu’elle a baissé la voilure : « On cherche des partenariats privés, par exemple avec des opticiens sur les spectacles en audiodescription, ou grâce à un financement politique de la Ville pour un gros projet jeune public. Ce mécénat privé, c’est toujours 1 500 euros qu’on nous offre. »
Une situation tendue
Mais cela ne suffit toujours pas. Malgré quelques publicités qui trouveront à nouveau leur place dans la plaquette pour la deuxième fois, les tarifs, augmentés l’an passé, ne bougeront pas. Et la situation empire. Car les Français, sollicités de partout, trop sans doute, ont moins donné en général en 2025. « On est à l’os. On voit des compagnies mettre la clef sous la porte, licencier ou reporter le montage d’un spectacle faute d’argent. Elles ne vivent qu’en vendant leur création et leur avenir repose sur leur succès. Elles comptent sur nous, les théâtres, quand nous avons de plus en plus de mal à coproduire avec elles », déplore Franck Becker qui n’a pas été le premier à faire appel à la générosité.
Un appel citoyen
Alors humblement, il va se présenter devant les spectateurs « déjà bien méritants de continuer à fréquenter la Coupe d’Or » pour leur expliquer les réalités, les yeux dans les yeux. « Nous voulons qu’ils comprennent, pas juste tendre la main. C’est une démarche citoyenne », explique celui qui après une demi-heure d’échange, invitera Tony Melvil pour un petit concert gratuit et « un moment joyeux ». L’an passé, la campagne de dons avait rapporté 14 697 euros. Fera-t-on mieux cette année ?



