Bordeaux commémore le génocide rwandais au nouveau mémorial des Queyries
Commémoration du génocide rwandais à Bordeaux

Bordeaux officialise la commémoration du génocide rwandais au nouveau mémorial

Ce mardi 7 avril, sous un ciel ensoleillé, s'est tenue la commémoration du 32e anniversaire du génocide rwandais au nouveau lieu mémoriel du quai des Queyries à Bordeaux. La cérémonie, organisée en présence des associations et des officiels de la Ville et de l'État, marque une étape importante dans la reconnaissance officielle de cet événement historique tragique.

Une cérémonie désormais inscrite au calendrier municipal

À Bordeaux, cette commémoration longtemps discrète – voire clandestine – se déroule désormais dans un espace de mémoire dédié, où une plaque commémorative et un orme ont été installés le 5 février dernier. Ce nouveau lieu symbolique est le fruit de la persévérance des associations et de la volonté politique des élus du mandat de Pierre Hurmic, notamment Céline Papin, présente dans l'assistance.

La cérémonie est désormais officiellement inscrite au calendrier de la nouvelle majorité municipale, comme l'a confirmé l'adjointe à la culture et à la mémoire Nathalie Bois-Huyghe. Elle a assuré les associations de « l'écoute et l'appui fidèle » de la Ville, déclarant solennellement : « Bordeaux n'oubliera pas. Et avec vous, nous voulons tisser une continuité qui s'oppose à l'effacement. »

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Témoignages poignants des survivants

Parmi les nombreux officiels rassemblés quai des Queyries, Adélaïde Mukantabana, survivante, écrivaine et poétesse vivant en Dordogne, a partagé son témoignage poignant. Présidente de l'association Cauri, elle a raconté : « J'avais 32 ans en 1994 et je vis avec ça depuis trente-deux ans », rappelant l'impact durable de ce traumatisme historique.

Le 7 avril correspond au début du massacre des Tutsis planifié par l'État rwandais en 1994 – un génocide qui a fait plus d'un million de morts en moins de cent jours. Cette date est devenue la journée officielle de commémoration du génocide rwandais à travers le monde.

Devoir de mémoire et responsabilité historique

Les discours prononcés lors de la cérémonie ont rappelé les multiples dimensions de ce devoir de mémoire :

  • Hommage aux victimes et soutien aux survivants
  • Lutte contre le négationnisme et pour la justice, car tous les coupables n'ont pas été condamnés
  • Inventaire de la responsabilité historique de la France, établie par les historiens et officiellement reconnue depuis 2021

Le conseiller diplomatique du préfet, Dominique Delpuech, a souligné : « Nous avons entrepris un travail difficile mais nécessaire pour regarder en face notre passé et les manquements qui ont marqué notre action en 1994 », faisant référence au discours d'Emmanuel Macron à Kigali qui a officialisé cette reconnaissance.

Moment de recueillement et hommages artistiques

La cérémonie est restée avant tout un moment de deuil et de recueillement. L'écrivaine Beata Umubyeyi Mairesse, autre rescapée vivant à Bordeaux, a lu un texte émouvant : « Nous portons vos absences dans nos corps cailloux », évoquant le poids du souvenir et de la perte.

La commémoration s'est conclue par un poème et un chant interprétés par Perrine Fifadji, formant un ultime hommage artistique à ces « innocents fauchés à la machette ». Cette dimension culturelle et artistique a ajouté une profondeur supplémentaire à la cérémonie, transformant la mémoire en création et le deuil en expression.

Le nouveau mémorial du quai des Queyries représente désormais un lieu pérenne de souvenir à Bordeaux, où la communauté pourra se rassembler chaque année pour honorer la mémoire des victimes du génocide rwandais et réaffirmer son engagement contre l'oubli et le négationnisme.

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