Depuis près d’un an, les enfants de la micro-crèche J’aime Grandir et les résidents de l’Ehpad Villa Gallia, à Cannes, se retrouvent régulièrement. Ces rencontres, organisées deux fois par mois, créent des liens et produisent des effets aussi bien chez les tout-petits que chez leurs aînés.
Des activités partagées qui rapprochent les générations
Ce mercredi après-midi, trois résidentes de l’Ehpad Villa Gallia ont quitté leur quotidien pour retrouver les enfants de la micro-crèche J’aime Grandir, avenue Maréchal-Juin, à Cannes. Au programme : activités manuelles et cookies à la banane préparés par les petits pour leurs invitées. Autour de la petite table, les générations se mélangent et quelques regards suffisent à faire oublier les décennies qui les séparent.
Deux fois par mois, les deux établissements inversent les rôles : les résidents viennent à la crèche, puis les enfants leur rendent visite à la Villa Gallia. Une régularité essentielle pour Sarah Ferlin, directrice et créatrice de J’aime Grandir. « Ces rencontres leur permettent notamment de développer leur empathie. Ils font très rapidement le lien avec leur propre famille : une personne âgée peut leur rappeler leur mamie ou leur papi », explique-t-elle.
Des effets concrets sur les enfants et les résidents
L’écart des générations semble rapidement s’effacer. « Pour eux, la différence d’âge n’est pas forcément une barrière », poursuit la directrice. Les visages deviennent familiers et la rencontre ponctuelle se transforme peu à peu en rendez-vous. « Les enfants reconnaissent les résidents et les résidents retrouvent aussi les enfants. Il y a une familiarité qui s’installe et de vrais liens qui peuvent se créer. »
Chez les aînés, les effets peuvent être encore plus visibles. « Ils adorent la jeunesse, le mouvement. Ça leur rappelle beaucoup de souvenirs de leur enfance, de leurs enfants ou de leurs petits-enfants », constate Anna Joubert, animatrice à la Villa Gallia. Ce jour-là, deux des trois résidentes présentes viennent d’une unité protégée et souffrent d’importants troubles cognitifs.
Une « thérapie-médiation » qui apaise et concentre
Face aux enfants, certains comportements changent. « Ça a tendance à les calmer, à les concentrer sur une tâche. Ils sont plus détendus, plus attentifs », observe l’animatrice, qui évoque « presque une thérapie-médiation ». Là où la concentration peut parfois être difficile, elle assure que certains résidents restent ainsi impliqués « une heure et demie, voire deux heures ».
Ces rendez-vous permettent aussi de rompre l’isolement et d’ouvrir un nouveau cercle social hors de l’Ehpad et de la famille. Pour l’une des résidentes, l’explication tient en quelques mots. Elle est « très heureuse » d’être venue. Les enfants ? « Ils sont tous gentils. » Le mois prochain, ce sera à eux de venir la retrouver.



