Canicule à Nîmes : le refuge Toutous et Minous saturé doit refuser des animaux
Canicule à Nîmes : refuge Toutous et Minous saturé et contraint de refuser

À Nîmes, le refuge Toutous et Minous, géré par Gloria Féron, est en première ligne face à la canicule estivale. Avec deux associations locales fermées pendant l'été, les demandes d'accueil affluent, mais la capacité d'accueil est saturée. Gloria Féron, fondatrice de l'association créée en 2010, doit désormais refuser des pensionnaires, une décision difficile pour celle qui a "beaucoup de mal à dire non à un animal en détresse".

Une soixantaine de chats et des dépenses qui s'accumulent

Actuellement, le refuge héberge une soixantaine de chats, dont beaucoup sont âgés, malades, sauvages ou présents depuis longtemps, donc peu adoptables. S'y ajoutent chiens, lapins, poules et autres animaux recueillis en urgence. Chaque année, l'association prend en charge environ 300 chiens et chats et réalise presque autant d'adoptions. Mais en été, l'équilibre se rompt : deux associations nîmoises ferment leurs portes, reportant la pression sur Toutous et Minous. "Le peu qu'ils prennent d'habitude, ça aussi, ça arrive chez moi", explique Gloria Féron.

Les coûts sont lourds. Pour les seuls 60 chats, il faut six kilos de croquettes chaque jour, auxquels s'ajoutent les traitements antiparasitaires, les vermifuges et les frais vétérinaires. Les pipettes contre puces, tiques et autres parasites représentent environ 700 euros par an, une dépense incompressible en saison. Les gamelles ne servent pas qu'aux pensionnaires : pigeons, tourterelles et autres oiseaux viennent aussi se nourrir dans le jardin. Lors d'une adoption, le refuge demande 180 à 200 euros pour un chat (selon la vaccination) et 350 euros pour une chienne stérilisée, des sommes qui ne couvrent pas les imprévus médicaux.

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Des précautions accrues contre la chaleur

Face à la fournaise, Gloria Féron redouble de précautions. Les volets sont fermés, les chiens disposent de baignoires et d'eau fraîche en permanence et peuvent se réfugier dans la maison. Dans la chatterie, l'eau est renouvelée régulièrement et le sol est arrosé pour apporter un peu de fraîcheur. Les gamelles en pierre remplacent celles en métal, qui chauffent trop vite. "Les animaux souffrent aussi de la chaleur. Après, je ne peux pas leur mettre une clim dehors. Moi-même je n'en ai pas. On fait comme on peut", confie-t-elle.

La fondatrice doit aussi composer avec sa propre santé : victime d'une fracture à la cheville en mai, elle limite désormais l'accueil des chiens. Certains restent chez leurs propriétaires, qui deviennent familles d'accueil jusqu'à leur adoption. Cette solution permet de continuer à sauver des animaux sans faire exploser un refuge déjà au bord de la saturation. "À un moment donné, ça déborde et je suis obligée de refuser aussi", conclut Gloria Féron, illustrant la pression quotidienne sur cette structure associative.

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