Appel à projets pour réveiller le hameau de Saint-Sauveur-des-Pourcils
Appel à projets pour Saint-Sauveur-des-Pourcils

Qui saura réveiller le hameau au bois dormant en plein cœur de l'Aigoual ? Un appel à projet est lancé pour redonner vie à Saint-Sauveur-des-Pourcils, ce hameau cévenol niché dans la forêt de l'Aigoual. Plusieurs partenaires se sont réunis pour lancer un appel à manifestation d'intérêt afin de trouver un porteur de projet capable de revitaliser ce site enchanteur mais qui se mérite.

Un hameau chargé d'histoire

Niché au cœur de la forêt de l'Aigoual, le hameau de Saint-Sauveur-des-Pourcils se mérite. On peut y accéder par trois pistes forestières plus ou moins carrossables, ou par des sentiers, dont le célèbre Chemin des morts, ainsi nommé car les défunts y étaient transportés depuis Camprieu pour être enterrés ici. Au détour d'un virage, la silhouette de l'église se dévoile, adossée au cimetière. À côté, des bâtisses en pierre dont un imposant corps de ferme aux allures de petit manoir. Le hameau est comme endormi dans son écrin de verdure. Plus personne n'y vit hormis un chat qui s'est érigé en gardien des lieux.

Le site fut pourtant, comme le rappelle la maire Nicole Amasse, "le berceau du village de Saint-Sauveur-Camprieu". D'où la taille de son église et son étonnant cimetière : un site quasi unique en France qui regroupe des tombes de familles de religion catholique, orthodoxe, protestante, juive et musulmane, témoignage de l'histoire de cette terre cévenole. "À l'époque, le plus gros hameau était Villemagne, où se trouvaient des mines de plomb argentifère et de cuivre. Villemagne a accueilli jusqu'à 2 000 habitants dont 600 mineurs", rappelle André Boudes de l'association des Amis du hameau de Saint-Sauveur-des-Pourcils. Des mines qui ont attiré une main-d'œuvre d'origine étrangère au XXe siècle, expliquant la diversité des noms sur les tombes. Les tombes musulmanes témoignent, elles, de la présence d'un camp de Harkis, implanté après la guerre d'Algérie.

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Le berceau du reboisement de l'Aigoual

Le hameau est aussi le berceau de l'histoire du reboisement de l'Aigoual. Le site accueillait jusqu'à la fin du XIXe siècle un vaste domaine agricole vendu aux enchères en 1880 à l'administration des Eaux et Forêts. Au XIXe siècle, l'Aigoual était alors bien dénudé et un grand programme de reboisement a été mis en place. Les forestiers y ont implanté une pépinière et un arboretum pour tester l'adaptation des différentes essences. Charles Flahaut, botaniste passionné et artisan de ce vaste chantier de reboisement, a d'ailleurs vécu dans le "manoir", qui est actuellement la bâtisse la plus dégradée du site. Son entrée est d'ailleurs condamnée. Les autres bâtiments sont en bien meilleur état au niveau des structures mais demandent bien sûr une réhabilitation complète des intérieurs, "dans leur jus".

Un potentiel touristique et patrimonial

L'ONF est toujours propriétaire des bâtiments. "Une des maisons a été utilisée par un agent forestier jusqu'à il y a cinq ou six ans. Elles ont également servi de gîtes de vacances pour le personnel ONF jusqu'à il y a deux ans", précise Valère Marsaudon, responsable de l'unité territoriale de l'Aigoual de l'ONF. Le hameau compte deux autres imposantes bâtisses cévenoles non loin de là (lieu-dit les Plots) qui permettraient d'accueillir un potentiel lieu d'accueil, type refuge, et un corps de ferme (La Boissière) 300 m plus loin où existait une activité agricole et de pisciculture.

Le cimetière et l'église sont, eux, propriété de la commune. "C'est un site auquel les habitants sont restés très attachés", souligne Nicole Amasse. "Ils s'y retrouvent chaque année le jeudi de l'Ascension, un office y est célébré seulement à cette occasion. Quant au cimetière, il est aujourd'hui réservé aux familles y ayant déjà un caveau familial." Le hameau connaît du passage du printemps à l'automne : randonneurs, cyclistes, chercheurs de champignons... Mais les maisons devenues inutilisées commencent à se dégrader. "Cela fait plus d'une dizaine d'années que nous étions en réflexion pour savoir que faire de ce site chargé d'histoire et avec un beau patrimoine bâti, dont nous n'avions plus l'utilité. Nous étions désolés de le voir se dégrader", poursuit Valère Marsaudon.

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Un appel à manifestation d'intérêt

C'est dans le cadre de la démarche Aigoual, forêt d'exception, de la Charte forestière de territoire Sud Cévennes et du programme Avenir montagnes que l'idée de revitaliser ce site a émergé. Plusieurs partenaires sont impliqués : l'ONF, la commune, le PETR Causses et Cévennes, la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes-Terres solidaires et le Parc national des Cévennes. Objectif : sélectionner un porteur de projet qui permettrait de redonner vie au hameau tout en répondant aux objectifs et attentes des partenaires.

"Au niveau touristique, il y a un gros potentiel : le lac du Bonheur, l'abîme de Bramabiau, les randonnées vélo que nous développons notamment avec des boucles famille, les randonnées pédestres... D'autant plus que courant 2026 un nouveau GR de pays sera inauguré et passera par le hameau", explique Jeanne Clavière, cheffe de projet Avenir Montagnes au PETR Causses et Cévennes, évoquant également une superbe grange qui pourrait accueillir divers projets.

Contraintes et perspectives

Le cadre idyllique ne doit pas masquer les contraintes : l'accès difficile, le climat, la connexion internet, la ressource en eau... Situé au cœur du Parc national des Cévennes, le site est évidemment soumis à la réglementation spécifique du PNC. L'appel à manifestation d'intérêt s'adresse à tout type d'acteurs : particuliers, sociétés privées ou mixtes, fondations, collectivités... Les dossiers sont à retrouver sur le site du PETR Causses et Cévennes. Date de clôture : le 15 décembre 2025.