L’association Pro Patria Valeurs de la République a fait escale à Sainte-Orse, en Dordogne, pour honorer la mémoire des 300 Alsaciens cachés par les habitants entre 1939 et 1944. Une cérémonie s’est tenue en présence d’élus du Grand Est et de Dordogne, rappelant la rafle du 1er avril 1944.
Un pèlerinage annuel sur les lieux de mémoire
L’association patriotique Pro Patria Valeurs de la République se rend chaque année sur des sites marquants de la Seconde Guerre mondiale. Après Berlin, Auschwitz ou les plages du Débarquement en Normandie, un groupe de 80 Alsaciens a choisi Sainte-Orse, une commune qui avait caché près de 300 réfugiés entre 1939 et 1944.
Dimanche 17 mai, en présence de sénateurs, conseillers départementaux, maires de Dordogne et d’élus du Grand Est, Patrick Delaugeas, maire de Sainte-Orse, a rappelé le dramatique épisode du 1er avril 1944. Ce jour-là, la division Brehmer a perpétré une rafle dans le village. Des résistants et des juifs cachés dans les hameaux, prévenus par des habitants de la présence des soldats nazis, ont réussi à s’enfuir dans les bois.
Le devoir de mémoire transmis aux jeunes
Le colonel Norbert Zorn et son association retracent chaque année une partie du trajet de la division Leclerc et ont déjà inauguré 125 bornes commémoratives. Joseph Lerch, maire de Schwenheim, a souligné le devoir de mémoire que l’association poursuit également dans les lycées. « Au seul camp français de déportation, le Struthof, l’association a accompagné la réfection de la cantine à l’identique, en bois », a raconté Jules Loyzance.
Ce déplacement en Dordogne a été coorganisé par l’association Le Souvenir français et son délégué Jean-Louis Muller. Pour la plupart des participants, c’était la première fois qu’ils venaient dans le département, alors qu’ils avaient entendu les récits de nombreux Alsaciens reconnaissants d’avoir trouvé refuge à Périgueux et dans de nombreuses communes, comme Sainte-Orse.
Émotion et transmission aux jeunes générations
Entre les discours, le « Chant des partisans » et le « Chant des marais », l’émotion était palpable chez certains descendants de réfugiés qui ont survécu ou qui sont morts déportés. Pour ces Alsaciens, la Dordogne a été à la fois une terre d’accueil et une terre de deuil. Deux enfants de la commune, Milo, 8 ans, et Baptiste, 13 ans, ont été nommés ambassadeurs de Sainte-Orse ; ils seront les futurs porte-drapeaux des cérémonies.
Une délégation d’Alsaciens à Sainte-Orse pour la mémoire. Michèle Polère



