Loïc Linarès, réélu fin mars à la présidence de Sète Agglo, a présenté mercredi 1er juillet les grandes orientations de sa politique pour le territoire. Lors d'un tour d'actualité, il a abordé les enjeux d'adaptation au changement climatique, de réindustrialisation, de mobilités et de logement, avec une volonté de repenser l'aménagement du territoire.
Un Scot en phase finale de consultation
La révision du Schéma de cohérence territoriale (Scot), outil de planification stratégique pour les vingt prochaines années, est sur le point d'aboutir. Les 14 maires de l'agglomération se sont engagés dans une démarche consensuelle, selon Loïc Linarès : « C'est assez rare pour être souligné. C'est aussi l'expression d'un nouveau cycle, d'une nouvelle ère. » Le document, actuellement dans sa phase administrative finale de consultation, devrait être définitivement arrêté entre fin 2026 et début 2027.
Ce nouveau schéma se veut vertueux : il prévoit une réduction de l'extension urbaine de 80 hectares par rapport au précédent document, avec 20 % de renaturation. L'objectif est de lier l'urbanisme aux projections climatiques de 2085 et 2125. « Il ne faut pas qu'on agisse aujourd'hui à l'encontre des enjeux de demain », a insisté le président.
Mobilités : vers un grand réseau avec Montpellier
L'agglomération vient de valider la révision de son plan de déplacement urbain. La volonté politique est d'agir en concertation avec la métropole de Montpellier et les territoires voisins pour construire un grand réseau via les Services express régionaux métropolitains (Serm). « Il y aura un sujet mobilités sur ce mandat. Il va falloir dépasser les passions liées à la ligne nouvelle. Oui, elle est impactante parce que c'est une nouvelle infrastructure, mais elle répond aussi à une stratégie plus vaste de mobilité à l'échelle nationale, et elle aura des conséquences positives sur le déplacement au quotidien grâce à la ligne historique », a expliqué Loïc Linarès.
Qualité de l'eau de l'étang : des garanties renforcées
Sur la qualité de l'eau de l'étang de Thau, Loïc Linarès assure que le territoire offre aujourd'hui plus de garanties aux conchyliculteurs que l'hiver dernier, marqué par une crise due aux rejets des réseaux. Il a rappelé le gros investissement réalisé cette année : le changement du poste de relèvement sur le quai de Bosc, jugé insuffisamment puissant pour gérer les flux d'assainissement vers la station d'épuration (Step). Un réseau secondaire a également été créé sur le quai des Moulins, préparant les aménagements futurs qui permettront de « pratiquement doubler la gestion des flux sur ces espaces ».
Cependant, le président a prévenu : « Ce ne sera pas suffisant si on revit les épisodes de pluviométrie de l'hiver dernier. Là-dessus, j'ai toujours joué la carte de la franchise. On ne pourra pas garantir une gestion de nos flux à 100 %. »
Réindustrialisation : 20 à 30 hectares de friches à recycler
Avec un chômage frôlant les 20 %, la reconquête économique est érigée en priorité absolue pour créer de l'emploi et générer de nouvelles recettes fiscales. L'agglomération compte s'appuyer sur le recyclage foncier d'un potentiel de 20 à 30 hectares de friches industrielles (sites Exxon Mobil, Lafarge, Timac Agro) à remobiliser dans les dix prochaines années. L'objectif est « de recréer de la richesse sur le territoire avec une volonté de réindustrialiser ». Le site Exxon, par exemple, pourrait accueillir des entreprises industrielles, des locaux pour artisans et des activités tertiaires autour de la future gare multimodale de Frontignan.
Logement : 6 000 logements en 20 ans, objectif 50/50
Sète Agglo affiche de nouvelles ambitions pour loger les actifs, avec un objectif de produire près de 6 000 logements sur les 20 prochaines années. Le paradigme change pour respecter le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et préserver les espaces naturels qui occupent 70 % du territoire. Désormais, la politique vise un équilibre : « Notre plan de développement pour le logement va s'appuyer autant sur la rénovation de l'ancien que sur la création en extension », a précisé Loïc Linarès. Pour réussir ce pari du 50/50, l'agglomération étend ses dispositifs d'aide à la rénovation à six communes supplémentaires.



