Des retraités enseignants retrouvent leur vocation à Trélissac
Dans la résidence seniors Les Galopins à Trélissac, en Dordogne, une initiative intergénérationnelle innovante a vu le jour récemment. Plusieurs résidents, pour la plupart anciens enseignants, consacrent désormais une heure chaque mercredi après-midi à du soutien scolaire pour des enfants en difficulté suivis par l'Association de soutien de la Dordogne (ASD).
Une rencontre entre générations au cœur des vacances d'hiver
Mercredi 18 février, en pleine période de vacances scolaires, Alexsandro, 12 ans, travaillait son anglais avec l'aide attentive d'Alain Kerviel, 80 ans, et Françoise Fulchi, 83 ans, deux résidents de l'établissement. Le jeune garçon, arrivé de Roumanie il y a huit ans, éprouve encore des difficultés avec la langue française qui le pénalisent dans sa scolarité.
« Tu sais, lui raconte Françoise, on fait un jeu ici qui s'appelle Le P'tit Bac. Nous, les vieux, il faut qu'on trouve, par exemple, les verbes du premier groupe. Tu sais ce que sont les verbes du premier groupe ? »
Une évidence pour des anciens de l'Éducation nationale
Agnès et Marie-Chantal, deux autres résidentes retraitées de l'Éducation nationale, font également partie de cette équipe de bénévoles. Elles expliquent leur démarche : « Notre démarche consiste présentement à évaluer les acquis, les difficultés et les besoins pour mieux les appréhender par la suite. »
Pour ces anciennes enseignantes, participer à ce projet était « comme une évidence ». Elles y voient l'opportunité d'apporter leur « modeste contribution » à une action qui correspond parfaitement à leurs valeurs humanistes et à leur expérience professionnelle.
Un partenariat gagnant-gagnant
Cédric Belacel, directeur de la résidence Les Galopins gérée par le groupe Domitys, souligne la pertinence de ce rapprochement : « On a une grosse proportion de nos résidents qui étaient enseignants par le passé. Pour nous, ça allait de soi qu'on pouvait répondre à cette demande de l'ASD. »
Du côté de l'association, Laura Angelvy, travailleuse sociale, confirme l'importance de cette collaboration : « On n'arrivait pas à trouver de bénévoles pour le soutien scolaire. Pour nous, ce qu'ils nous offrent ici est extrêmement précieux. »
Des bénéfices réciproques
Le directeur de la résidence insiste sur le caractère mutuellement bénéfique de cette initiative : « Les jeunes qui viennent à ces ateliers ont une vraie interaction avec nos résidents. Ils ont toute leur attention. Et pour ces derniers, c'est valorisant : ils se sentent utiles. »
Alain Kerviel abonde dans ce sens : « Je dis que les contacts intergénérationnels, ça ne peut être que constructif. »
Une intégration progressive
Laura Angelvy observe une évolution positive chez les enfants participants : « Il y avait un peu d'appréhension au départ, mais ça change. Aujourd'hui, Alexsandro m'a dit dans la voiture qu'il était très content de venir. C'est un bon point. »
Mohammed, 7 ans, issu d'une famille sénégalaise, bénéficie quant à lui des enseignements d'Agnès, une autre résidente bénévole. Ces ateliers se déroulent chaque mercredi après-midi, y compris pendant les vacances scolaires, offrant ainsi une continuité dans l'accompagnement.
Une association historique au service de l'inclusion
L'ASD, qui existe depuis une cinquantaine d'années, mène diverses actions en Périgord pour lutter contre les différentes formes d'inadaptation et d'exclusion sociale. Ce nouveau partenariat avec la résidence Les Galopins représente une approche innovante pour répondre aux besoins éducatifs des enfants qu'elle accompagne.
Cette initiative démontre comment des structures apparemment distinctes - une résidence seniors et une association de lutte contre l'exclusion - peuvent collaborer efficacement pour créer des synergies bénéfiques à la fois pour les jeunes en difficulté scolaire et pour des retraités désireux de mettre leur expérience au service de la collectivité.



