Le 1er mai, la Charente-Maritime est devenue le quatrième département français à prendre un arrêté pour faciliter les suspensions de permis après les Landes, le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais. « Tu les vois sur les 2x2 voies, lorsque tu doubles, le nombre de conducteurs qui sont sur leur portable. Ou ceux devant toi qui zigzaguent », témoignent deux travailleurs du BTP en marge d'un contrôle routier à Sainte-Soulle, près de La Rochelle. L'usage du portable au volant, dangereuse habitude, peine à disparaître malgré les outils mains libres. « Je ne dis pas que ça ne m'arrive pas encore, je suis comme tout le monde. Mais quand on y pense : est-ce vraiment si important de répondre à un SMS dans la minute ? » ajoute l'un d'eux.
Une procédure rapide pour les récalcitrants
Le préfet Brice Blondel a signé un arrêté qui, depuis le 1er mai, facilite la suspension du permis de conduire pour les conducteurs surpris avec un téléphone en main ou une oreillette à l'oreille. La disposition est déjà en vigueur dans les Landes, le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais. La Réunion devrait suivre en juin, et la Charente dans les prochains mois.
Jusqu'alors, l'usage du téléphone au volant entraînait une amende de 135 euros et un retrait de trois points. La suspension de permis n'était possible qu'en cas d'autres infractions. Désormais, cette seule faute peut suffire à prononcer une suspension de quinze jours à six mois. La suspension n'est pas automatique, mais la procédure, après passage auprès d'un officier du ministère public et des services préfectoraux, peut aboutir en un mois si elle n'est pas contestée.
Priorité aux récidivistes
La mesure ne concerne pas tous les contrevenants : en Charente-Maritime, 2 000 verbalisations ont été comptabilisées en 2025. Le choix est fait de cibler les récidivistes. La directrice interdépartementale de la police nationale, Myriam Akkari, se souvient d'un automobiliste contrôlé quatre fois le mobile à la main. Déjà, 14 procédures de suspension ont été engagées en une semaine, pour 77 infractions constatées.
Pour le préfet Brice Blondel, il y a urgence à mettre fin « à la triste litanie des morts évitables sur la route ». En 2025, 45 personnes ont perdu la vie sur le réseau routier charentais-maritime, dont sept dans des accidents directement liés à l'usage du téléphone. Selon la Sécurité routière, la lecture d'un message en conduisant multiplie le risque d'accident par 23, car elle oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant cinq secondes en moyenne. Il est rappelé que seule la manipulation du téléphone au volant est interdite ; l'utiliser comme GPS sur un support adapté reste autorisé.



