Le conseil municipal de Millau, réuni ce lundi 29 juin, a adopté l'extension du réseau de vidéoprotection avec l'installation de quatre nouvelles caméras fixes, portant le nombre total à 56. Cette décision intervient quelques jours après l'annonce par le maire Christophe Saint-Pierre de l'armement prochain de la police municipale, ravivant les désaccords entre la majorité et l'opposition sur la politique de sécurité.
Des caméras sur des secteurs stratégiques
Les quatre nouvelles caméras, offrant une vision à 360 degrés, seront implantées sur deux secteurs clés : le rond-point du stade et celui des Martyrs-de-la-Résistance. Selon Roger Laborie, adjoint à la Protection de la population et à la Tranquillité publique, ces équipements visent à appuyer les services d'enquête et à lutter contre les rodéos urbains, les conduites dangereuses, les délits de fuite et les dépôts sauvages de déchets, grâce à la lecture automatisée des plaques d'immatriculation. "Certaines personnes malveillantes qui évitent la douane du viaduc en traversant Millau seront désormais visibles sur ces axes pénétrants", a-t-il précisé, ajoutant que ces caméras ne serviront pas à verbaliser les infractions au stationnement.
Un coût de 46 000 euros
Le coût de l'opération s'élève à 40 000 euros pour les caméras, auxquels s'ajoutent 6 000 euros pour le transfert des images du Centre de supervision urbain (CSU) vers la police nationale. Avec 56 caméras pour environ 22 000 habitants, la commune atteint un ratio d'environ une caméra pour 400 habitants. Le projet a été adopté avec une voix contre et sept abstentions.
L'opposition dénonce une logique "tout répressif"
Dalila Belaïd-Artis, élue de l'Alternative de gauche, a vivement critiqué le projet, parlant de "vidéosurveillance" plutôt que de "vidéoprotection" et estimant que "l'anonymat dans l'espace public devient impossible". Elle s'est inquiétée des dérives potentielles "si des fascistes arrivaient au pouvoir", établissant un parallèle avec l'Occupation. Roger Laborie a regretté cette confusion et a invité l'élue à visiter le CSU pour en comprendre le fonctionnement.
Le groupe d'opposition d'Emmanuelle Gazel, par la voix d'Alexandra Moulin, a interrogé la majorité sur les moyens consacrés à la prévention, réaffirmant son opposition à l'armement de la police municipale et regrettant de ne pas avoir été consultée. Les élus ont demandé la communication d'indicateurs pour évaluer l'efficacité des dispositifs avant et après leur déploiement.
Le maire défend sa politique de sécurité
Christophe Saint-Pierre a assuré que la prévention faisait partie intégrante de la politique municipale, notamment via le travail avec le tissu associatif. Il a réaffirmé sa ligne : "C'est une priorité. Je souhaite renforcer la présence de la police municipale sur le terrain et la mettre davantage au contact de la population. Cette proximité les expose davantage et il est de mon devoir d'assurer leur protection en leur donnant les moyens nécessaires à leur légitime défense." Il a rappelé les agressions visant les forces de l'ordre en France et a souligné que la vidéoprotection s'inscrit dans une logique de prévention, citant l'exemple des dépôts sauvages où les auteurs sont d'abord invités à récupérer leurs déchets avant d'être sanctionnés.



