Menton adopte la vidéoverbalisation pour lutter contre le stationnement gênant
Menton adopte la vidéoverbalisation pour le stationnement

Le conseil municipal de Menton a adopté le 30 juin 2026 la mise en place de la vidéoverbalisation pour sanctionner les infractions au Code de la route, en s'appuyant sur le réseau existant de 141 caméras de vidéoprotection. Dans un premier temps, le dispositif ciblera principalement les problèmes de stationnement gênant, avant d'étendre son champ d'action à d'autres infractions comme les stops et les feux rouges.

Un constat de circulation dense et d'incivilités

La décision repose sur le constat d'un flux touristique important, d'une circulation dense et de nombreuses incivilités routières à Menton. L'objectif est de renforcer les moyens d'action de la police municipale. Richard Miquelis, adjoint à la sécurité, a précisé : « L'objectif, dans un premier temps, c'est de fluidifier la circulation avec une action durable et précise sur le stationnement. On va y aller mollo pour pouvoir ensuite monter en puissance. » Il a ajouté que le plus gros problème reste les véhicules qui obstruent la voie publique.

Les infractions concernées et les inquiétudes de l'opposition

La délibération liste de nombreuses infractions potentielles : non-port de la ceinture, usage du téléphone en main, non-port du casque, circulation en sens interdit, franchissement de lignes continues, non-respect d'un feu rouge, excès de vitesse, dépassement dangereux… Florent Champion (Menton en action) s'est interrogé sur la capacité technique à contrôler toutes ces infractions. Richard Miquelis l'a rassuré en indiquant que la priorité est d'abord le stationnement, avant d'étendre progressivement le dispositif.

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Louis Sarkozy (Renouveau pour Menton) a estimé que la mesure « va dans le sens de l'histoire », mais a exprimé une inquiétude : « Dans certains quartiers, les arrêts brefs sont quasi indispensables. Enfants qu'on va chercher, courses qu'on ramène… Il ne faudrait pas que cela se transforme en petit autoritarisme de tous les jours… » Il a également demandé si une gratuité pour les soignants à domicile était prévue.

Des garanties sur le jugement des agents et les dérogations

Richard Miquelis a répondu que « le fonctionnaire qui relèvera l'infraction aura du jugement. Et les gens seront avertis des endroits où la vidéoverbalisation sera mise en place. On ne va pas arriver comme des bourrins. » La maire, Alexandra Masson, a confirmé que des cartes gratuites seront distribuées aux médecins, infirmières et aidants, déclarant : « Comme je suis pour le maintien à domicile des personnes âgées le plus tard possible, j'ai tout intérêt à faciliter la vie de ceux qui les aident. »

Les effectifs en question

Florent Champion a également interrogé sur la suffisance des effectifs : « Est-ce bien raisonnable et tenable de se lancer dans ce dispositif alors que les effectifs sont en souffrance ? A-t-on le nombre d'opérateurs suffisants au niveau du CSU ? » Il a exprimé une préférence pour des agents sur le terrain plutôt que derrière une caméra. Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton), favorable à la vidéoverbalisation, s'est inquiété des effectifs nécessaires, rappelant que le dispositif requiert du personnel habilité.

Christophe Vignau, conseiller municipal délégué à la sécurité, a assuré que des agents du CSU vont être formés et que « ce dispositif n'engendrera aucun coût supplémentaire, ni n'enlèvera d'agent sur le terrain. » Il a cité un exemple récent : lors d'une rixe il y a un mois, six personnes sur seize ont pu être interpellées avant de prendre le train grâce aux caméras. Richard Miquelis a ajouté que la vidéoverbalisation libérera des agents qui devaient auparavant se déplacer pour constater les infractions.

Une délibération cadre et des recrutements

Alexandra Masson a précisé qu'il s'agit d'une délibération cadre : « Nous ne sommes pas forcément capables techniquement de tout relever aujourd'hui. Mais à terme, certainement que oui. » Elle a annoncé l'arrivée d'une directrice de la police municipale le 1er septembre 2026, ainsi que le recrutement de six nouveaux policiers. Richard Miquelis a également évoqué la constitution d'une brigade canine et d'une brigade portuaire.

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La question de la zone d'interdiction de mouillage

Cédric Monteiro a interrogé sur les moyens prévus pour la zone d'interdiction de mouillage (ZIM) créée en sortie des Sablettes, suite à une pollution des eaux de baignade signalée par l'ARS. Alexandra Masson a admis que les moyens sont limités, mais qu'un semi-rigide de la SPL des ports peut être mis à disposition. Christophe Vignau a indiqué qu'une brigade maritime sera montée dans les années à venir, et qu'une brigade nautique existe déjà avec des agents titulaires du permis côtier.

Cédric Monteiro a suggéré de faire appel à des CRS pour la surveillance des plages et des bateaux, comme à Cap-d'Ail. Christophe Vignau a répondu que la maire fera une demande auprès de la direction générale de la police nationale d'ici septembre ou octobre pour obtenir à nouveau des CRS sur les plages de Menton.