Chauffeur de bus RATP jugé après la mort d’un étudiant à Gif-sur-Yvette
Chauffeur RATP jugé pour mort d’étudiant à Gif-sur-Yvette

Un drame de la route secoue l’Essonne

Lundi 4 mai 2026, Roby, un conducteur de bus de la RATP âgé de 25 ans, a été entendu devant la chambre de l’instruction de Paris. Il est impliqué dans un accident mortel survenu le 16 avril à Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne. Ce jour-là, il a percuté Samuel Coriat, un étudiant de 21 ans, qui a succombé à ses blessures. Les circonstances du drame soulèvent de nombreuses questions, notamment en raison de la vitesse excessive du véhicule.

Une vitesse largement au-dessus de la limite autorisée

Selon les premières constatations, le bus roulait à 40,6 km/h dans une zone limitée à 30 km/h, soit un excès de plus de 10 km/h. Cette infraction a été confirmée par plusieurs témoins de l’accident, qui ont décrit un véhicule « trop rapide ». Le parquet a initialement ouvert une enquête pour homicide routier, avant que l’avocat général ne requière une qualification plus grave : celle d’assassinat. Il a notamment souligné l’absence de trace de freinage, une visibilité parfaite et la vitesse excessive comme éléments accablants.

Des messages troublants découverts sur le téléphone du chauffeur

L’enquête a mis au jour des échanges sur le mobile de Roby qui jettent une lumière inquiétante sur son état d’esprit. Dans l’un d’eux, il écrit : « Je pensais renverser quelqu’un, du coup j’ai diminué le kick (la vitesse, ndlr) ». Un autre message indique : « Je suis le B (le patron de la route, ndlr) ». Après l’accident, il a posté sur Snapchat une photo de l’ambulance avec la légende : « Je suis un criminel pour quelqu’un d’égoïste et qui a traversé la rue avec le sentiment que tout lui est dû ». Ces propos, bien que troublants, sont interprétés par la défense comme une expression de la crainte partagée par de nombreux chauffeurs de renverser un piéton.

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La défense plaide l’absence d’intention homicide

Lors de l’audience, Me Rachel Ngo Ndjigui, avocate de Roby, a fermement contesté toute intention homicide. Elle a souligné qu’aucun marquage au sol ne signalait le passage piéton, que son client n’avait pas vu le jeune homme traverser et qu’il avait tout tenté pour l’éviter, y compris en klaxonnant. « Il n’y a aucune intention homicide. Il a tout fait pour éviter le drame, mais celui-ci est survenu malgré tout », a-t-elle plaidé. Au terme de l’audience, le chauffeur a été maintenu en liberté sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure.

Des questions sur la sécurité routière

Ce drame relance le débat sur la sécurité aux abords des passages piétons et sur le comportement de certains conducteurs de transports en commun. La Ligue contre la violence routière de l’Hérault a d’ailleurs exprimé son scepticisme quant à la qualification retenue. L’affaire, qui pourrait être requalifiée en assassinat, sera suivie de près par les associations de victimes et les défenseurs des droits des piétons.

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