En cette fin du mois d’avril, cinq conducteurs et passagers de deux-roues motorisés ont perdu la vie dans un accident de la route en Lot-et-Garonne, soit la moitié des accidents mortels survenus dans le département. Cette surreprésentation est difficile à enrayer en raison de la vulnérabilité de ces usagers, malgré les actions de prévention et les contrôles routiers réguliers.
Des statistiques alarmantes
« Les motards constituent 2 % de la population et pèsent pour 20 % dans les accidents de la route », avait déclaré Frédéric Liwerant, coordinateur Sécurité routière dans le cabinet du préfet, dimanche 26 avril lors de la Journée des motards, qui a connu un record d’affluence. Malheureusement, quelques heures plus tard, ce bilan s’est alourdi après une terrible collision entre une moto et une voiture sur la départementale 119, à hauteur de la commune de Montesquieu.
Ce lundi, sur les dix personnes ayant perdu la vie sur les routes lot-et-garonnaises depuis le début de l’année, cinq étaient conducteurs ou passagers d’un deux-roues motorisé, rejoignant ainsi les statistiques de la mortalité routière qui ont frappé les usagers les plus vulnérables, un cycliste et deux piétons.
Jeunes victimes
Selon les premières constatations et le récit d’un automobiliste témoin de l’accident à Montesquieu, qui se trouvait juste derrière la voiture percutée, la moto circulant en direction d’Agen s’est déportée sur la voie de circulation opposée, entrant en collision frontale avec un véhicule arrivant en sens inverse. À son bord se trouvaient deux septuagénaires, évacués vers le centre hospitalier d’Agen.
Le conducteur et la passagère de la moto n’ont pas survécu à leurs blessures. Malgré les efforts des secours, Ugo Allegri, 26 ans, à la tête d’une concession d’automobiles d’occasion au Passage-d’Agen, et sa petite amie, Lisa Couturier, 25 ans, infirmière au centre hospitalier d’Agen, sont décédés sur les lieux. Une enquête menée par les gendarmes de Nérac a été ouverte pour établir les circonstances du drame.
Vigilance accrue
« S’il existait une baguette magique pour éviter ces accidents dramatiques… », devise Philippe Cabanne, de la Fédération française des motards en colère de Lot-et-Garonne (FFMC 47). « On dresse tous un constat d’impuissance, la répression montre ses limites. Peu importe la place que l’on occupe sur une moto, on est exposés au même danger. Aux beaux jours, la fréquentation reprend fortement, cela se lisse après… Je pense que chacun, qu’il s’agisse des motards ou des automobilistes, doit bien prendre en compte son environnement en cette période de l’année, car je note qu’il y a peu d’accidents de moto seule, dus à une chute. C’est donc bien dans le partage de la route que chacun doit rester vigilant. »



