Hippocampe : ce trésor caché des digues de l'Hérault
Hippocampe : trésor caché des digues de l'Hérault

L'hippocampe à museau court est bel et bien présent sur le littoral de l'est héraultais, des digues de Carnon aux épis de La Grande-Motte, jusqu'à Maguelone. C'est ce qu'affirme le naturaliste et photographe animalier Thomas Roger, qui emmène régulièrement des curieux en mer pour observer la faune locale. Cette présence, bien que discrète en raison du mimétisme de l'animal, constitue un indicateur précieux de la qualité du milieu marin.

Un animal mimétique et sédentaire à observer de près

« On peut en voir à Carnon, sur les digues, les épis ou dans l'avant-port. Mais il faut être très observateur car c'est un animal mimétique, comme la pieuvre par exemple, il peut changer de couleur, donc tu peux ne pas le remarquer ou le confondre avec une brindille ou un déchet », explique Thomas Roger. Cette capacité à se fondre dans son environnement rend l'observation difficile, mais le jeu en vaut la chandelle.

L'hippocampe, haut d'une dizaine de centimètres, n'est pas un grand voyageur. « Il fait vibrer sa nageoire dorsale pour se déplacer, ajoute Thomas Roger, mais il bouge à la rigueur de quelques mètres par jour car il est très sédentaire, il est fixé. Sa queue est préhensile, comme celle des singes qui l'utilisent comme un cinquième bras, il peut s'accrocher, il se confond avec son environnement. » Cette sédentarité contraste avec l'image du cheval des mers, surnom donné à l'animal en raison de son profil équestre.

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Deux espèces distinctes sur la façade montpelliéraine

Si le grand public associe souvent l'hippocampe à l'étang de Thau, Thomas Roger précise qu'il s'agit d'une autre espèce. « C'est plus connu. Mais c'est une autre espèce d'hippocampe. Dans le bassin, c'est l'hippocampe moucheté, qui vit dans les lagunes et les étangs alors que, chez nous, c'est plutôt l'hippocampe à museau court, qui vit sur des fonds sableux, dans la mer. » Ainsi, de Villeneuve-lès-Maguelone à La Grande-Motte, c'est l'hippocampe à museau court que l'on peut rencontrer.

Cette distinction est essentielle pour comprendre la répartition des espèces et leur habitat. L'hippocampe moucheté préfère les eaux calmes et saumâtres des lagunes, tandis que son cousin à museau court évolue dans les eaux marines sur des fonds sableux, souvent à proximité des structures artificielles comme les digues et les épis.

Une espèce protégée, sentinelle de la qualité des eaux

L'hippocampe est aujourd'hui placé sur la liste rouge des animaux à préserver et bénéficie d'une protection. « À l'époque, les anciennes générations le sortaient de l'eau et le récupéraient, le faisaient sécher et le collectionnaient. Les temps ont changé. Il est considéré comme une espèce sentinelle : il est un indicateur de la qualité du milieu. Sa présence traduit une bonne diversité d'habitats, une eau de bonne qualité, une abondance de proies dont il se nourrit. Il est un indicateur de bon état de santé de la zone », souligne Thomas Roger.

Cette espèce présente également une particularité biologique remarquable : chez l'hippocampe, la femelle offre les œufs au mâle et c'est lui qui les féconde, les incubant durant quatre à cinq semaines. Ce rôle parental inversé est unique dans le monde animal et renforce l'intérêt de sa protection.

Pour ceux qui souhaitent observer ces animaux dans leur milieu naturel, Thomas Roger propose des sorties en mer à la découverte des dauphins et autres animaux marins depuis Carnon, via son site www.natura-med.fr. Ces sorties permettent de sensibiliser le public à la richesse de la biodiversité locale et à l'importance de préserver ces habitats fragiles.

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