Alors que les canicules se multiplient, l'inconfort lié aux fortes températures devient une réalité pour beaucoup. Mais pour certaines personnes, comme Maud, une quinquagénaire lyonnaise, cette chaleur déclenche une angoisse paralysante : la thermophobie, la peur de la chaleur.
Un été à huis clos
« Dès que les températures sont un peu élevées, je vis un enfer », confie Maud. Depuis son appartement aux volets fermés, elle décrit un quotidien rythmé par l'évitement. « Je ne sors pas, je passe la journée dans le noir. » Cette peur, elle la porte depuis l'enfance. « Petite, je redoutais déjà l'été. Ma mère me disait que j'étais la seule à me cacher du soleil. »
Diagnostiquée autiste il y a deux ans, Maud doit également gérer des problèmes de thermorégulation. « Mon corps arrive à saturation, il n'en peut vraiment plus », explique-t-elle. L'été, elle s'enferme chez elle, dort mal et n'a aucun répit. « Je passe l'été dans le noir. Il n'y a pas d'accalmie. »
Un cercle vicieux d'angoisse et de fatigue
Le manque de sommeil, amplifié par l'anxiété, crée une fatigue qui rend la gestion de l'angoisse encore plus difficile. « C'est un cercle vicieux, j'en peux plus », souffle Maud. Elle redoute les années à venir : « Ça va être de pire en pire. Le corps n'est pas fait pour ça. Les villes ne sont pas assez adaptées. »
Impossible pour elle de fuir vers un pays nordique, pour des raisons financières et familiales. « Je dois m'occuper de mon fils, je n'ai pas de famille ici », explique-t-elle. Alors, elle se cloître et attend des saisons plus clémentes. « Moi j'adore l'hiver ! J'ai jamais froid ! », lance-t-elle, avant de rire jaune.
L'éco-anxiété, une réaction légitime
Pour Claire Wallez, psychologue toulousaine spécialisée en éco-anxiété, ces angoisses sont légitimes face à un environnement qui devient moins vivable. « Les crises écologiques ne sont pas derrière nous. Nos esprits risquent de continuer à être mis à rude épreuve », explique-t-elle. La clé, selon elle, est « d'apprendre à accueillir nos pensées et émotions désagréables et à les observer telles qu'elles sont ». Après l'acceptation vient le dialogue avec les proches, pour éviter les ruminations et le sentiment d'impuissance.



