L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé le retrait du marché français du médicament Tavneos (avacopan), utilisé dans le traitement de certaines maladies auto-immunes rares. Cette décision fait suite au signalement de plusieurs décès survenus à l'étranger, possiblement liés à la prise de ce traitement.
Un retrait précipité par des signalements internationaux
Selon l'ANSM, des cas de décès ont été rapportés chez des patients traités par Tavneos dans d'autres pays. L'agence précise que ces événements graves ont conduit à une réévaluation du rapport bénéfice-risque du médicament. Le laboratoire Vifor Fresenius Medical Care Renal Pharma, qui commercialise Tavneos en France, a été informé de cette décision. L'ANSM souligne que le retrait est effectué à titre préventif, en attendant les résultats d'une enquête approfondie menée par les autorités sanitaires européennes.
Un traitement prescrit dans des maladies rares
Tavneos était indiqué, en association avec un corticoïde, dans le traitement de la granulomatose avec polyangéite et de la polyangéite microscopique, deux formes de vascularites à ANCA. Ces maladies auto-immunes rares touchent les petits vaisseaux sanguins et peuvent entraîner des atteintes rénales, pulmonaires ou cutanées graves. Le médicament avait obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne en 2022 et était remboursé par l'Assurance maladie en France depuis 2023. Environ 500 patients étaient traités par Tavneos dans le pays, selon les données de l'ANSM.
Les conséquences pour les patients français
L'ANSM recommande aux patients actuellement sous Tavneos de ne pas interrompre leur traitement sans avis médical et de consulter leur médecin traitant ou leur spécialiste. Les prescripteurs sont invités à proposer une alternative thérapeutique, comme un corticoïde seul ou un autre immunosuppresseur, en fonction du profil de chaque patient. L'agence précise que les pharmacies d'officine ne peuvent plus délivrer ce médicament depuis la date du retrait. Les patients concernés seront contactés par leur centre de référence ou de compétence pour les maladies auto-immunes rares.



