L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a infligé de lourdes sanctions financières aux laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly en France, les accusant d'avoir mené des campagnes de communication illégales sur des traitements anti-obésité. En cause : des messages jugés promotionnels auprès du grand public pour des médicaments soumis à prescription, en violation de la réglementation.
Des amendes record pour les laboratoires
L'ANSM a annoncé lundi une sanction financière à l'encontre des laboratoires pharmaceutiques Novo Nordisk et Eli Lilly en France à la suite de la diffusion de campagnes de communication sur l'obésité. L'autorité sanitaire a infligé une sanction globale de plus de 1,78 million d'euros à l'encontre de Novo Nordisk France. Dans le détail, un million d'euros concerne la diffusion de publicités en faveur de son médicament Saxenda tandis que 783 838 euros portent sur Wegovy, deux spécialités indiquées dans la prise en charge de l'obésité.
L'ANSM a par ailleurs sanctionné Eli Lilly France à hauteur de 108 766 euros pour une campagne promouvant auprès du grand public sa spécialité anti-obésité Mounjaro.
La réglementation interdit toute publicité auprès du grand public
L'ANSM considère que ces communications sont "susceptibles de constituer une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire", alors que la réglementation interdit toute publicité auprès du grand public pour ces traitements. Par sa décision, la vigie du médicament vise aussi "à prévenir toute communication susceptible de valoriser le recours au traitement médicamenteux comme réponse principale à l'obésité, d'induire le public à solliciter ce traitement auprès d'un professionnel de santé ou à chercher à se le procurer".
Ces campagnes "largement relayées auprès du grand public (affichage, transports, presse, réseaux sociaux)" sont "susceptibles d'induire en erreur les publics dans un contexte marqué par une forte médiatisation et un mésusage croissant des analogues du GLP-1 (aGLP-1), notamment à des fins de perte de poids à visée esthétique", souligne l'ANSM.
Les laboratoires concernés contestent les sanctions
Dans une réaction à l'AFP, Novo Nordisk France "conteste fermement" la position de l'ANSM et "examine toute éventuelle voie de recours contre cette décision". De son côté, Eli Lilly France a dit prendre acte de la décision de l'ANSM, estimant que sa campagne de sensibilisation intitulée "L'obésité, c'est un truc de malades" (avril 2025), était "conforme au cadre applicable aux communications relatives à la santé humaine".



