Des similitudes surprenantes entre les espèces
Des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont découvert que les rongeurs et les humains perçoivent les odeurs de manière fondamentalement similaire. Publiée le 5 juillet 2026 dans la revue Nature Neuroscience, l'étude montre que les circuits neuronaux impliqués dans l'olfaction sont quasi identiques entre les deux espèces. Selon le Dr. Maria Lopez, co-auteure de l'étude, "cela remet en question l'idée que l'odorat humain est inférieur à celui des rongeurs".
Une expérience de comparaison directe
L'équipe a utilisé une technique d'imagerie cérébrale avancée pour observer l'activité des bulbes olfactifs chez des rats et des humains exposés à une série de 200 odeurs différentes, allant du citron à la viande pourrie. Les résultats montrent que les deux espèces activent des zones cérébrales analogues avec une précision remarquable. "Dans 85 % des cas, les motifs d'activation étaient indiscernables", précise le Dr. Lopez.
Implications pour la recherche médicale
Cette découverte pourrait avoir des retombées importantes pour la compréhension des troubles olfactifs, comme l'anosmie (perte d'odorat), qui touche environ 5 % de la population mondiale. Les rongeurs pourraient servir de modèles plus fiables pour tester des traitements. "Nous pourrons mieux étudier les mécanismes de la perte d'odorat et développer des thérapies ciblées", explique le professeur Jean Dupont, neurologue à l'Institut Pasteur, qui n'a pas participé à l'étude.
Une remise en cause des idées reçues
Longtemps, on a cru que l'odorat humain était moins performant que celui des rongeurs, en raison de la taille réduite de notre bulbe olfactif. Cette étude prouve que la structure et le fonctionnement sont équivalents. "La différence réside peut-être dans la manière dont nous interprétons les odeurs, pas dans la perception elle-même", ajoute le Dr. Lopez. Les chercheurs prévoient d'étudier d'autres mammifères pour voir si cette similitude est plus large.



