La recherche française est confrontée à une crise multiforme qui menace son avenir, selon un rapport du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) publié mardi 22 juin. Le document dresse un constat alarmant : baisse des budgets, fuite des cerveaux, perte d’attractivité des laboratoires français.
Budget en berne et postes vacants
Le budget alloué à la recherche publique a diminué de 1,5% en 2026 par rapport à l’année précédente, tandis que 15% des postes de chercheurs et d’enseignants-chercheurs sont vacants. « Cette situation est inédite depuis trente ans », a déclaré Jean-Pierre Bourguignon, ancien président du Hcéres, cité dans le rapport. Les jeunes chercheurs peinent à trouver des postes stables, ce qui les pousse à s’expatrier.
Fuite des cerveaux et perte d’attractivité
La France perd chaque année environ 2 000 chercheurs, principalement vers les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. « Nous formons d’excellents scientifiques, mais nous ne parvenons pas à les retenir », regrette Claire Mathieu, directrice de recherche au CNRS. Parallèlement, le nombre de publications scientifiques françaises dans les revues de premier plan a chuté de 8% en cinq ans.
Réformes insuffisantes
Le rapport pointe également l’instabilité des réformes et le manque de vision stratégique. « Les changements successifs de gouvernance et de priorités nuisent à la lisibilité du système », indique le document. Les chercheurs dénoncent une lourdeur administrative croissante et un financement par projets qui fragilise la recherche fondamentale.
Appel à un plan d’urgence
Le Hcéres recommande un plan d’urgence comprenant le rehaussement des budgets, la création de postes et une simplification des procédures. « Il y a urgence à agir pour ne pas compromettre la souveraineté scientifique de la France », conclut Jean-Pierre Bourguignon.



