Donald Trump a menacé de prison les « saboteurs » présumés après que la rénovation du Lincoln Memorial, qu'il avait supervisée, a viré au désastre. Des fissures et des dégradations ont été constatées sur le monument emblématique de Washington, suscitant l'indignation des conservateurs et des historiens.
Des dégâts importants révélés par une inspection
Selon un rapport du National Park Service publié jeudi, les travaux de rénovation ont causé des dommages irréversibles à la statue d'Abraham Lincoln et aux murs du mémorial. Des fissures de plusieurs centimètres sont apparues sur le marbre, et des éclats de pierre ont été retrouvés au sol. Le coût des réparations est estimé à 12 millions de dollars, soit le double du budget initial.
« C'est un acte de sabotage pur et simple », a déclaré Trump lors d'une conférence de presse. « Ceux qui ont fait cela iront en prison pour longtemps. Nous les poursuivrons avec toute la force de la loi. »
Des accusations sans preuves
Les responsables du National Park Service ont toutefois indiqué qu'aucune preuve de sabotage n'avait été trouvée. L'enquête préliminaire suggère que les dégâts sont dus à une mauvaise exécution des travaux et à l'utilisation de matériaux inadaptés. « Il n'y a aucune indication d'acte criminel », a affirmé un porte-parole.
L'opposition démocrate a dénoncé les menaces de Trump comme une tentative de détourner l'attention de son échec. « Au lieu de pointer du doigt des boucs émissaires, il devrait reconnaître sa responsabilité dans ce désastre », a réagi la sénatrice Elizabeth Warren.
Un projet controversé dès le départ
La rénovation du Lincoln Memorial avait été lancée en grande pompe par Trump en 2024, dans le cadre de son projet « America First Heritage ». Des critiques avaient alors émergé sur le choix des entrepreneurs, proches du parti républicain, et sur l'absence d'appel d'offres transparent. Le mémorial, visité par 7 millions de personnes par an, devait être modernisé pour un coût initial de 6 millions de dollars.
Les travaux ont été interrompus après la découverte des dégâts. Le site reste fermé au public jusqu'à nouvel ordre. Les associations de préservation du patrimoine ont appelé à une enquête indépendante sur les causes du fiasco.



