La pollution chimique de l’eau potable en France, notamment aux pesticides et aux PFAS, représente « une menace systémique » pour la santé, a jugé lundi un groupe de médecins libéraux. Cette organisation, déjà connue pour une alerte sur le cadmium, a publié un communiqué mettant en garde contre les conséquences sanitaires potentiellement considérables de cette pollution.
Une menace insuffisamment encadrée
Dans leur communiqué, la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé médecins libéraux (URPS-ML) indique que « la pollution de l’eau potable constitue une menace systémique, insuffisamment encadrée, aux conséquences sanitaires potentiellement considérables ». Cette organisation avait déjà attiré l’attention en 2025 sur les risques liés à la pollution au cadmium, un sujet qui a depuis gagné en importance dans le débat public.
Des plaintes déjà déposées contre l'État
Les URPS-ML ne sont pas les premières à s'inquiéter de la qualité de l'eau potable. En avril, deux ONG environnementales ont porté plainte contre l'État, estimant que les mesures prises pour protéger l'eau des pollutions agricoles étaient insuffisantes. L'organisation de médecins libéraux rappelle que la pollution de l'eau potable est triple : principalement due aux pesticides, mais aussi aux PFAS (polluants éternels) et aux microplastiques. Selon des chiffres du ministère de la Santé repris par les URPS-ML, environ 19 millions de Français ont consommé au moins une fois en 2024 une eau non conforme.
Des risques sanitaires multiples
Bien que leur publication ne contienne pas de données nouvelles, les médecins soulignent les « nombreux risques associés » aux substances impliquées. Ils citent notamment un « impact sur le système hormonal, nerveux et immunitaire avec développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs ainsi que de l’hypofécondité ». L'évaluation du risque sanitaire reste toutefois complexe : la présence d'un contaminant dans l'eau ne représente pas forcément un danger immédiat, des débats perdurant sur le seuil à ne pas dépasser, en concentration et en durée d'exposition.
Des demandes au gouvernement
L'organisation a adressé une lettre au gouvernement pour demander une « évolution de la réglementation - élargissement des substances surveillées, amélioration des systèmes de filtration, réduction des PFAS et des plastiques », ainsi que de « favoriser le développement de l’agriculture biologique sur celui de l’agriculture intensive ». Par ailleurs, les députés ont voté fin mai un article obligeant les préfets à encadrer les pratiques agricoles près des eaux potables les plus polluées, mais l'opposition de gauche juge la mesure insuffisante car excluant, selon elle, trop de captages potentiellement concernés.



