Pesticides dans la vigne : réactions tranchées après une enquête choc
Pesticides et vigne : des avis tranchés après une enquête

Une enquête nationale établit une surexposition des riverains de zones viticoles aux pesticides. Ses résultats ont entraîné des réactions contrastées chez les représentants des agriculteurs et viticulteurs, dès ce lundi dans les territoires concernés.

La position des Jeunes Agriculteurs

Rémi Dumas, président des Jeunes Agriculteurs de l'Hérault, lui-même viticulteur à Saint-Geniès-des-Mourgues et éleveur de brebis laitières, a réagi après avoir pris connaissance des grandes lignes de l'étude. Il déclare : « Plutôt que de mettre tant d'énergie et de financements sur une nouvelle étude qui n'apporte finalement rien mis à part une nouvelle stigmatisation de la filière viticole, l'État ferait mieux de mettre des moyens sur la recherche et le développement d'alternatives aux produits phytosanitaires. Cela nous serait grandement utile. »

Il illustre son propos en expliquant que les insecticides peuvent être réduits sur certains îlots de production viticole en pratiquant la confusion sexuelle. « De par nos pratiques, avec du bon sens, grâce aux progrès techniques et à un matériel plus performant, on arrive à réduire les doses employées. Nous sommes les premiers consommateurs de nos produits, vous savez. On vit dans nos parcelles. On ne va pas empoisonner nos familles et nos enfants. Et c'est un viticulteur qui vous parle, et le père d'un enfant de deux ans ! »

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Il insiste : « On traite par nécessité, pas par plaisir. On traite pour soigner nos plantes, comme pour un humain que l'on soigne quand il est malade. On est conscient de ça, et on fait au mieux, on est d'ailleurs désormais formé à ça. On agit en responsabilité et en conscience, tant sur le plan écologique qu'économique. Parce que ça nous coûte très cher d'utiliser des produits phytosanitaires, on s'en passerait volontiers ! En viticulture comme dans l'agriculture en général. Je fais aussi du maraîchage, et sur 90 % de mes produits, il y a zéro traitement. Ou alors un traitement bio par obligation, parce que sinon je perds ma récolte… »

La Confédération paysanne parle de « fin d'un système »

Dominique Soullier, représentant de la Confédération paysanne dans l'Hérault, a un avis différent : « Il y a une vraie problématique d'exposition aux pesticides, qu'il s'agisse des productions viticoles, céréalières, ou fruitières. Car quand ils sont pulvérisés, il y a forcément une dispersion dans l'espace, au gré des vents, de la météo, on en respire forcément. Je crois surtout que l'on est arrivé à la fin d'un système d'agriculture hyper-industrialisée et intensive, qui fonctionne avec des pesticides utilisés l'un après l'autre, en affirmant à chaque fois le dernier moins risqué que le précédent. Mais il reste toujours des matières actives. C'est tout le système agricole qui doit se remettre en question. »

Réactions des interprofessions et des associations

Le Comité National des Interprofessions des Vins à appellation d'origine et à indication géographique a réagi en indiquant que les viticulteurs n'ont pas attendu l'étude PestiRiv pour améliorer leurs pratiques avec des mesures allant dans le sens des recommandations de Santé Publique France et de l'Anses : réduction des pesticides et information des riverains en périodes de traitements. « D'ailleurs, nos engagements sont alignés avec les objectifs du Plan Ecophyto 2030. »

À contrario, l'association de défense de l'environnement Générations futures se félicite : « Enfin des données qui permettent de reconnaître l'exposition réelle des riverains de zones viticoles aux pesticides et la nécessité de réduire cette exposition problématique ! »

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