Nouveau parcours de soins renforcé pour les jeunes de l'ASE
Parcours de soins renforcé pour les jeunes de l'ASE

Un nouveau dispositif national entre en vigueur pour améliorer le suivi médical et psychologique des mineurs et jeunes majeurs pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Selon un arrêté publié samedi au Journal officiel, les jeunes suivis par l'ASE vont bénéficier sur l'ensemble du territoire d'un parcours de soins coordonné et renforcé, incluant un possible remboursement de soins précoces en santé mentale.

Un parcours inspiré d'expérimentations

Ce parcours Enfance protégée, inspiré de deux expérimentations et déployé sur trois ans, bénéficiera à des mineurs et jeunes majeurs de moins de vingt et un ans placés ou suivis dans leurs familles, ainsi qu'à des jeunes anciennement suivis et inclus dans ce parcours jusqu'à un an après la fin de leur prise en charge par l'ASE.

Une population particulièrement vulnérable

Le cahier des charges du parcours, annexé à l'arrêté, souligne que les enfants et adolescents pris en charge au titre de la protection de l'enfance constituent une population particulièrement vulnérable, avec un état de santé plus dégradé. Chez ces jeunes, on observe notamment la fréquence d'insuffisances pondérales ou de surpoids, un parcours souvent marqué de pathologies, de traumatismes et d'hospitalisations, un fréquent besoin de prise en charge psychologique ainsi qu'une surreprésentation des situations de handicap.

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Selon un rapport parlementaire publié en avril 2026, les jeunes de l'ASE ont une espérance de vie inférieure de vingt ans aux autres jeunes. Pourtant, leur accès aux soins peut être difficile, avec des parcours de soins mal coordonnés et une offre de soins adaptés pas toujours suffisante, notamment en santé mentale.

Un suivi de santé insuffisant

Alors qu'ils représentent la moitié des hospitalisations en pédopsychiatrie, seuls 30 % de ces enfants bénéficient d'un bilan de santé en arrivant à l'ASE et moins de 10 % d'un réel suivi de leur santé.

Avec le nouveau parcours, chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet dès sa prise en charge par la protection de l'enfance, un accès à des soins de santé mentale, un suivi continu et un accompagnement sans rupture, a promis la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lorsqu'elle a annoncé cette mesure mi-novembre 2025. Son cabinet avait alors évoqué un arrêté en janvier 2026.

Des soins précoces remboursés

Outre un bilan de santé et de prévention, somatique et psychique, effectué par des généralistes ou pédiatres principalement, des interventions en soins précoces en santé mentale (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes) prises en charge par l'Assurance maladie seront possibles.

Des structures départementales, sélectionnées par les agences régionales de santé via un appel à candidatures en concertation avec les conseils départementaux, seront chargées de coordonner les soins. Depuis 2022, plus d'une dizaine de rapports ont dressé le constat d'une Aide sociale à l'enfance à bout de souffle, aux conséquences désastreuses pour les enfants et adolescents concernés, avec des parcours de santé et scolaires chaotiques.

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