Un rapport conjoint des fondations Jean-Jaurès et APRIL, publié le 9 juillet 2026, alerte sur ce qu'elles appellent la « toxicité invisible » des réseaux sociaux : l'exposition permanente des 15-24 ans à des contenus de bien-être, pourtant légaux et bienveillants, forge des complexes et des névroses. « Cette immersion prolongée s'accompagne de signaux sanitaires désormais bien documentés : augmentation des troubles anxieux et dépressifs, troubles des conduites alimentaires, rapport dégradé à l'image de soi, développement de pratiques d'autodiagnostic et d'automédication », indique le rapport.
Des chiffres alarmants sur l'usage des réseaux
83 % des 11-17 ans et 96 % des 18-24 ans utilisent quotidiennement les réseaux sociaux, selon l'étude. Ces contenus, basés sur l'économie du bien-être, poussent à l'obsession, à la dépression, voire au suicide, selon les deux fondations. Les trois quarts des femmes âgées de 16 à 21 ans sont affectées.
Témoignages de jeunes obsédés par la musculation
Raphaël, 20 ans, confie à Midi Libre : « C'est une obsession, j'étais très dur avec moi, je ne pouvais plus accepter d'être comme avant et d'avoir du bide. » Il a commencé la musculation au poids du corps en regardant les vidéos de Tibo InShape. « Le physique joue beaucoup dans l'image de l'homme très masculin que j'avais en tête », ajoute-t-il. Son ami Sohan, 20 ans, analyse : « Y'a des gens qui vont te vendre du rêve en te montrant des physiques de malades mentaux alors que ce sont les premiers à utiliser des produits dopants, à avoir des coachs diplômés, des nutritionnistes, des ostéos, des kinés, donc, forcément, c'est impossible de s'y retrouver. »
Pauline, 21 ans, témoigne : « Je sais que personne m'oblige, mais à force de voir les mêmes vidéos, tu as envie d'essayer aussi la crème qu'elles utilisent ou la recette de cuisine qui fait maigrir. » Cléa, 20 ans, pratique la musculation et souffre de dysmorphophobie.
Des influenceurs masculinistes radicalisent le discours
La fondation Jean-Jaurès pointe des influenceurs comme Clavicular et des masculinistes qui diffusent des discours plus radicaux, organisés autour de « récits de transformation, de mise en scène de soi et de monétisation (coaching, programmes, produits) ». « À première vue, tout relève d'une même promesse : aller mieux », mais ces contenus créent une pression permanente et des objectifs inatteignables, affirment Sophie Ferreira (Fondation APRIL) et Benoît Heilbrunn (Fondation Jean-Jaurès).
Des pratiques saines existent encore
Certains pratiquent la musculation sans obsession. Hugues, 60 ans, va à la salle pour s'entretenir car il fait du triathlon et de l'hyrox. Bryan, kickboxeur de 31 ans, déclare : « Mon but ce n'est pas de grossir ou prendre du muscle, mais être fonctionnel. »



