L'UE ordonne à Meta de modifier les interfaces addictives d'Instagram et Facebook
UE ordonne à Meta de modifier interfaces addictives

La Commission européenne a ordonné à Meta de modifier les interfaces de ses réseaux sociaux Instagram et Facebook, jugées addictives et nuisibles à la santé physique et mentale des Européens, en particulier des mineurs. Cette décision, rendue publique le 10 juillet 2025, s'appuie sur le Règlement sur les services numériques (DSA) et pourrait contraindre l'entreprise à des changements majeurs sous peine de lourdes sanctions financières.

Des algorithmes conçus pour capter l'attention

Selon la Commission, les fonctionnalités actuelles d'Instagram et de Facebook exploitent des mécanismes psychologiques pour maximiser le temps passé sur les plateformes. Les notifications incessantes, le défilement infini et les recommandations personnalisées basées sur l'historique de navigation sont pointés du doigt. Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, a déclaré : « Les plateformes ne peuvent plus utiliser des techniques addictives au détriment de la santé de nos enfants. Meta doit immédiatement mettre en conformité ses interfaces avec le DSA. »

Des risques pour la santé mentale des jeunes

Une étude interne de Meta, révélée par des lanceurs d'alerte, indique que 32 % des adolescentes interrogées estiment qu'Instagram aggrave leurs problèmes d'anxiété et de dépression. La Commission a également cité des recherches indépendantes montrant une corrélation entre l'utilisation excessive des réseaux sociaux et les troubles du sommeil, la baisse de l'estime de soi et l'augmentation des pensées suicidaires chez les 13-17 ans. En France, une enquête de l'INSERM de 2024 a révélé que 45 % des 15-24 ans déclarent passer plus de 3 heures par jour sur les réseaux sociaux, contre 28 % en 2020.

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Les mesures exigées par Bruxelles

La Commission demande à Meta de supprimer les fonctionnalités suivantes : le défilement infini par défaut, les notifications push excessives et les recommandations algorithmiques non sollicitées pour les mineurs. En outre, les utilisateurs de moins de 18 ans devront avoir un accès par défaut à un « mode sans distraction » limitant le temps d'écran à une heure par jour. Meta dispose de six mois pour se conformer, faute de quoi l'entreprise s'expose à une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, soit environ 7,2 milliards d'euros sur la base des revenus 2024.

Réactions de Meta et des associations

Meta a répondu par un communiqué : « Nous partageons l'objectif de protéger les jeunes et avons déjà introduit des outils comme le contrôle parental. Nous examinerons les exigences de la Commission et travaillerons à une mise en conformité. » De leur côté, des associations de protection de l'enfance, comme l'Union nationale des associations familiales (UNAF), ont salué la décision. « C'est une victoire pour la santé publique. Il est temps que les géants du numérique assument leurs responsabilités », a déclaré sa présidente, Marie-Josée Augé-Couppey.

Un précédent pour d'autres plateformes

Cette ordonnance pourrait faire jurisprudence. La Commission a indiqué qu'elle surveillait également TikTok, Snapchat et YouTube pour des pratiques similaires. En 2024, l'UE avait déjà infligé une amende de 345 millions d'euros à TikTok pour non-respect des règles de protection des données des mineurs. Les experts estiment que cette nouvelle régulation pourrait transformer radicalement la conception des réseaux sociaux en Europe, en imposant des standards de « conception éthique » par défaut.

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