Moustique tigre en Nouvelle-Aquitaine : 103 cas recensés à Bergerac en 2025
L'année 2025 a marqué un tournant sanitaire dans la région Nouvelle-Aquitaine avec l'apparition des premiers cas autochtones de dengue et de chikungunya. Ces maladies tropicales, transmises par le moustique tigre, ont particulièrement touché les départements de la Gironde, des Landes et de la Dordogne.
Bergerac, troisième foyer national de chikungunya
Laurent Filleul, épidémiologiste et responsable de la cellule régionale de Santé publique France en Nouvelle-Aquitaine, précise : « Bergerac a été le troisième plus gros foyer de chikungunya de France hexagonale l'an dernier. Au moins 103 cas ont été recensés. Il y en a certainement eu plus puisque 20 à 25 % des personnes infectées sont asymptomatiques. Et certains ont refusé les prélèvements sanguins. »
La prolifération des moustiques tigres favorise la circulation de virus importés des zones tropicales. Cette situation soulève des inquiétudes quant à une possible explosion des maladies vectorielles durant l'été 2026.
Des prévisions difficiles pour 2026
Laurent Filleul tempère cependant les craintes : « Impossible à prédire. Cela dépend de beaucoup de facteurs. Est-ce que les voyageurs ont le réflexe d'aller chez leur médecin quand ils ont de la fièvre quelques jours après leur retour ? Est-ce que les soignants prescrivent des prises de sang quand les symptômes sont visibles (fièvre brutale, douleurs articulaires, maux de tête) ? Est-ce que les particuliers font le nécessaire dans leur jardin pour supprimer tous les points d'eau stagnante ? »
Apprendre à vivre avec le moustique tigre
La circulation actuelle du chikungunya à Mayotte et en Guyane constitue des sources potentielles de virus pour les prochains mois. Dans quelques jours, l'ARS mettra en route son système de surveillance des maladies vectorielles.
En attendant, Laurent Filleul distille quelques conseils pratiques : « S'inquiéter ne sert à rien. La France doit apprendre à vivre avec les moustiques et à s'en protéger. »
Julien Mocq, chargé de projet en entomologie médicale chez Altopictus, abonde dans le même sens : « Pas besoin de devenir paranoïaque, il suffit d'être vigilant. Le retour des moustiques tigres est imminent. Et comme chaque année, ils seront plus gênants à partir de juillet. »
Une surveillance renforcée est déjà en place, comme en témoigne la capture de centaines de moustiques cette semaine à Ambarès (33). Bonne nouvelle : aucun moustique tigre n'a été identifié dans ce lot.
Il ne reste que quelques semaines pour profiter des repas en terrasse avant la période de plus forte activité de ces insectes vecteurs de maladies.



