Mortalité infantile : l'Igas relativise le rôle des fermetures
Mortalité infantile : l'Igas relativise les fermetures

Alors que la mortalité infantile a augmenté en France ces dernières années, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) relativise le rôle de la fermeture des petites maternités. Selon ce document, dont Le Monde a obtenu une copie, la hausse de la mortalité infantile ne peut être attribuée uniquement à ces fermetures, mais résulte de multiples facteurs.

Une hausse préoccupante mais multifactorielle

Le taux de mortalité infantile est passé de 3,6 pour 1 000 naissances en 2015 à 4,1 pour 1 000 en 2022, selon les données de l'Insee. Cette tendance a suscité des inquiétudes parmi les professionnels de santé et les familles, certains pointant du doigt la fermeture de nombreuses petites maternités, qui oblige les femmes enceintes à parcourir de plus longues distances pour accoucher.

Le rapport de l'Igas, commandé par le gouvernement, analyse les causes de cette hausse. Il conclut que la fermeture des petites maternités n'est qu'un facteur parmi d'autres. Les auteurs soulignent notamment l'augmentation de l'âge maternel, la hausse des grossesses multiples, la prématurité, ainsi que des facteurs socio-économiques et environnementaux.

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Des fermetures justifiées sur le plan de la sécurité

Le rapport rappelle que les fermetures de petites maternités ont été décidées pour des raisons de sécurité : les établissements de petite taille ne disposent pas toujours des équipements nécessaires pour faire face aux complications. L'Igas estime que ces fermetures ont permis d'améliorer la prise en charge des grossesses à risque en concentrant les accouchements dans des structures plus spécialisées.

Toutefois, le rapport reconnaît que ces fermetures ont pu avoir des conséquences négatives sur l'accès aux soins, notamment dans les zones rurales. Les femmes doivent parfois parcourir plus d'une heure pour se rendre à la maternité la plus proche, ce qui peut augmenter le risque de complications avant l'admission.

D'autres facteurs pointés

L'Igas identifie d'autres explications à la hausse de la mortalité infantile. Parmi celles-ci, l'augmentation de l'âge moyen des mères à l'accouchement (qui est passé de 29,3 ans en 2000 à 31 ans en 2022), la prévalence croissante de l'obésité, le diabète gestationnel, et les inégalités sociales qui se creusent. Le rapport note également que la France a un taux de césariennes élevé, qui peut être associé à des risques pour le nouveau-né.

Le rapport souligne aussi l'impact de la pollution atmosphérique et du tabagisme pendant la grossesse. Selon des études citées par le rapport, l'exposition aux particules fines est associée à un risque accru de prématurité et de faible poids à la naissance.

Des recommandations pour inverser la tendance

Face à ce constat, les auteurs du rapport formulent plusieurs recommandations. Ils préconisent notamment de renforcer le suivi des grossesses à risque, d'améliorer l'orientation des femmes vers des structures adaptées, et de développer des réseaux de périnatalité pour assurer une meilleure coordination entre les professionnels.

Ils suggèrent également de renforcer la prévention en matière de santé publique, notamment en matière de lutte contre le tabagisme et l'obésité. Enfin, le rapport appelle à une meilleure collecte de données pour comprendre les causes exactes de la mortalité infantile.

Une réaction prudente des associations

Les associations de défense des usagers du système de santé ont accueilli ce rapport avec prudence. « Ce rapport apporte des nuances importantes, mais il ne faut pas minimiser les difficultés d'accès aux soins dans les territoires ruraux », a déclaré une porte-parole du Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Selon elle, la fermeture des maternités a un impact réel sur la sécurité des mères et des nouveau-nés, même si d'autres facteurs entrent en jeu.

Le ministère de la Santé a indiqué qu'il étudierait les recommandations du rapport, tout en rappelant que la priorité reste la sécurité des patients. Le gouvernement a promis un plan d'action d'ici la fin de l'année pour améliorer la santé périnatale.

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