Mortalité infantile en France : un tournant critique
Mortalité infantile : la France à un tournant

La mortalité infantile en France a augmenté de 7 % entre 2012 et 2019, selon un rapport de l'Inserm publié le 15 mars. Ce constat, basé sur les données de l'état civil, marque une rupture avec la tendance à la baisse observée depuis les années 1990. Les chercheurs soulignent que la France se trouve « à un moment charnière » où des décisions doivent être prises pour inverser cette courbe.

Une hausse inédite depuis des décennies

Entre 2012 et 2019, le taux de mortalité infantile est passé de 3,5 à 3,8 décès pour 1 000 naissances vivantes. Cette augmentation, bien que modérée en valeur absolue, est statistiquement significative et préoccupante. Elle touche principalement les nourrissons de moins d'un an, avec des disparités régionales marquées. Les régions les plus affectées sont les Hauts-de-France, la Corse et l'Île-de-France, où les taux dépassent la moyenne nationale.

Des causes multiples et complexes

Le rapport de l'Inserm pointe plusieurs facteurs explicatifs. D'abord, l'augmentation de l'âge maternel moyen : les femmes ayant leur premier enfant après 35 ans sont plus nombreuses, ce qui accroît les risques de complications. Ensuite, la hausse des naissances prématurées, passée de 7,2 % à 7,5 % sur la période, contribue à la mortalité néonatale. Enfin, les chercheurs évoquent des défauts dans l'organisation des soins périnatals, notamment un manque de personnel et de lits dans certaines maternités.

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Un appel à une action urgente

« La France doit agir rapidement pour améliorer la prise en charge des nouveau-nés et des mères », a déclaré la professeure Anne Ego, coordinatrice du rapport. Elle insiste sur la nécessité de renforcer la prévention, d'améliorer le suivi des grossesses à risque et de réduire les inégalités territoriales. Le rapport recommande également de créer un registre national des morts inattendues du nourrisson pour mieux comprendre les causes et adapter les politiques de santé.

Les auteurs du rapport espèrent que ces données alerteront les pouvoirs publics. En 2020, la mortalité infantile a légèrement diminué, mais les tendances de fond restent préoccupantes. La France se situe désormais parmi les pays européens les moins performants, derrière la Suède ou la Finlande. Une prise de conscience collective est nécessaire pour éviter que cette situation ne se dégrade davantage.

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