Olivier mordu par une chauve-souris : le traitement antirabique lourd
Mordu par une chauve-souris : Olivier raconte son calvaire

Olivier, un retraité héraultais, a vécu une mésaventure cet été après avoir été mordu par une chauve-souris. Il a dû suivre un lourd protocole préventif au CHU de Montpellier pour éliminer tout risque de contamination par la rage. Son témoignage rappelle que les chiroptères sont les seuls animaux métropolitains encore susceptibles de transmettre ce virus.

Un geste de sauvetage qui tourne mal

Alors qu'il se trouvait dans sa maison familiale dans le Tarn, Olivier a voulu secourir une chauve-souris tombée sur le gravier brûlant en pleine après-midi d'août. En la prenant à mains nues, il s'est fait mordre à deux reprises aux doigts. Il explique : “J’ai été interpellé par la taille de l’animal, beaucoup plus grand que les Pipistrelles que nous avons l’habitude de voir. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait sûrement d’une Sérotine et que le risque de contamination par un virus proche de celui de la rage passait de 2 % à 20 % en fonction de l’espèce.”

Un traitement d'urgence au CHU de Montpellier

Orienté par le SAMU vers le service Maladies infectieuses et tropicales du CHU de Montpellier, Olivier a reçu une première injection, suivie de quatre autres en l’espace d’un mois. Le professeur Jacques Reynes, infectiologue, insiste sur l'importance de la rapidité : “La période d’incubation de la rage est très longue, de plusieurs mois à plusieurs années. Mais une fois les symptômes déclenchés, on ne peut plus rien faire.”

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Les bons réflexes en cas de morsure

En cas de morsure par une chauve-souris, il est recommandé de :

  • Se laver soigneusement les mains avec du savon
  • Désinfecter la plaie avec une solution alcoolique
  • Se rendre rapidement dans le centre antirabique le plus proche

Un protocole d'injections peut alors être établi, allant jusqu'à cinq sur un mois.

Analyse de l'animal et résultat rassurant

Quelques semaines plus tard, une Pipistrelle morte a été retrouvée dans sa maison. Sur les conseils d'un vétérinaire, Olivier a contacté l'Anses, qui a envoyé un transporteur spécialisé pour convoyer la chauve-souris à Nancy, à -30 °C. La détection du Lyssavirus est revenue négative. Olivier est désormais vacciné à vie contre la rage.

Un risque faible mais réel

Le professeur Jacques Reynes rappelle que la France est indemne de rage chez les animaux domestiques depuis 2001. Le seul risque métropolitain provient des chauves-souris, avec quelques cas documentés de transmission à l'homme. Il insiste : “Il ne faut pas tomber dans la psychose. Le principal risque aujourd'hui, c'est une contamination à l'étranger.”

Olivier espère que son expérience servira d'avertissement : “Morale de l’histoire ? Il ne faut jamais ramasser un animal sauvage à mains nues.”

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