Ménopause et libido : le Dr Pauline Vignoles plaide pour une écoute du désir féminin
Ménopause : écouter le désir féminin selon une gynécologue

Ménopause et libido : une gynécologue défend l'écoute du désir féminin

Le Dr Pauline Vignoles, gynécologue obstétricienne à l'hôpital de Draguignan, questionne profondément la place de la sexualité lors de la ménopause. Dans sa pratique médicale, elle observe que cette période charnière soulève des interrogations fondamentales : s'agit-il principalement de répondre aux attentes du conjoint ou bien de laisser éclore un nouvel espace de liberté pour les femmes ?

Un désir féminin souvent méconnu

« Le désir, la libido et la sexualité des femmes sont si méconnus que c'est souvent une source d'insatisfaction au cours de leur vie intime », affirme le Dr Vignoles. Elle insiste particulièrement sur le fait qu'à la ménopause, de nouveaux éléments entrent en jeu et que les femmes ont d'autant plus besoin d'être écoutées avec attention et bienveillance.

Dans son approche thérapeutique, la gynécologue cherche à créer un espace de pensée et d'échange où pourrait éclore le désir authentique de ses patientes. « Quand j'écoute une patiente, je veille à lui laisser cet espace où pourrait éclore son désir ; et pas simplement participer à trouver des solutions techniques pour répondre au désir sexuel de son partenaire », explique-t-elle avec conviction.

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Les défis médicaux de la ménopause

Face aux inconforts liés au syndrome génito-urinaire de la ménopause - incluant sècheresse vaginale, irritation et infections urinaires - le Dr Vignoles évoque différents traitements disponibles, tout en reconnaissant leurs limites. « L'arsenal médicamenteux est limité », déplore-t-elle, tout en notant que « les choses évoluent : le laser et une rééducation ciblée permettent d'améliorer la souplesse des tissus ».

Elle aborde également :

  • Les phénomènes inflammatoires fréquents
  • L'association avec un lichen souvent méconnu
  • L'efficacité potentielle des corticoïdes locaux dans certaines situations

Si elle prescrit des traitements pour diminuer la gêne physique, la gynécologue s'interroge de façon plus globale sur le retentissement de ces changements sur la vie intime et le désir des femmes.

Un corps qui change, une sexualité à réinventer

« Les changements du corps des femmes à la ménopause ne permettent pas toujours de garder la même sexualité », constate le Dr Vignoles. Elle voit cette période comme un moment où le couple peut être amené à réinventer son intimité, plutôt que d'attendre des femmes qu'elles trouvent des solutions médicales pour continuer à se conformer à une sexualité figée.

La gynécologue rappelle les bouleversements physiques et psychologiques que connaissent les femmes entre 45 et 55 ans :

  1. Prise de poids souvent significative sans modification des habitudes alimentaires
  2. Relâchement cutané progressif
  3. Apparition de sècheresse vaginale
  4. Fluctuations de moral parfois importantes

La ménopause marque aussi la fin de la fertilité, ce qui soulève des questions psychologiques complexes tant pour les femmes que pour leurs conjoints. « Avec la fin de la capacité procréatrice, il y a parfois quelque chose dans le désir, la libido, l'énergie qui peut être libéré, ou parfois clôturé plus douloureusement », analyse-t-elle.

La nécessité d'un accompagnement psychologique adapté

Face à la baisse de désir qui peut accompagner la ménopause, le Dr Vignoles recommande à certaines de ses patientes le recours à des professionnels capables d'interroger leur désir authentique. « Consulter un psychologue qui n'a jamais pensé ces questions, ça ne va pas », prévient-elle.

Elle imagine plutôt des consultations où la question centrale serait : « Vous avez envie de quelle sexualité à 50 ans ? ». C'est précisément cet espace de réflexion qu'il faut selon elle laisser aux femmes dans ce temps de changement profond.

Vers des consultations dédiées à la ménopause

Le Dr Pauline Vignoles appelle de ses vœux la création de temps médicaux spécifiquement dédiés à la ménopause. Elle propose l'organisation de demi-journées en hôpital de jour où les femmes pourraient bénéficier de l'expertise de plusieurs professionnels :

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  • Une gynécologue pour les aspects médicaux
  • Une diététicienne pour des recommandations alimentaires adaptées
  • Un kinésithérapeute pour orienter l'activité physique
  • Une psychologue pour aborder les dimensions émotionnelles

« C'est l'occasion d'ouvrir la discussion, parfois en groupe. Ce sera plus facile ensuite d'aborder le sujet dans son couple », estime la gynécologue, qui voit dans cet accompagnement global une manière d'aider la société à mieux comprendre ce qu'est être une femme à cette période de la vie.