Mélanome : un chercheur montpelliérain explore les résistances
Mélanome : les espoirs d'un chercheur montpelliérain

Chaque année, 100 000 cancers de la peau sont diagnostiqués en France en raison d'une exposition excessive aux UV. Si les mélanomes ne représentent que 2 à 3 % des cancers cutanés, leur incidence a quadruplé depuis 1990 et ils restent les plus mortels. Florian Favier, chercheur à l'Université de Montpellier et soutenu par la Ligue contre le cancer, s'attaque à un défi majeur : comprendre et contrer la résistance des mélanomes aux traitements.

Un chercheur déterminé face à un cancer agressif

Intégré à l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM), Florian Favier a choisi de se concentrer sur les mélanomes, responsables de plus de 80 % des décès par cancer de la peau. « C'est une faible proportion des cancers cutanés, mais c'est la principale cause de mortalité », explique-t-il. Les mélanomes métastatiques, souvent diagnostiqués tardivement, ne peuvent être traités par chirurgie seule.

Des avancées thérapeutiques mais des résistances persistantes

Avant 2010, aucun traitement n'existait pour les mélanomes métastatiques. Aujourd'hui, la thérapie ciblée et l'immunothérapie ont porté le taux de survie à 5 ans à 50 %. Cependant, ces traitements se heurtent à des résistances, primaires ou secondaires. « La thérapie ciblée a un bon taux de réponse initial, mais 90 % des patients finissent par devenir résistants », précise le chercheur.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Pour expliquer ce phénomène, Florian Favier utilise l'image des réseaux électriques : dans les cellules cancéreuses, les circuits de signalisation (comme la voie MAPK) sont déréglés, entraînant une prolifération incontrôlée. Les thérapies ciblées tentent d'« éteindre » ces circuits, mais les cellules trouvent souvent des voies de contournement.

Des résultats prometteurs en laboratoire

En étudiant des lignées cellulaires, Florian Favier a identifié une sous-population de cellules résistantes, représentant environ 1 % des cellules, mais capables de devenir majoritaires après traitement. « J'ai des résultats prometteurs : j'ai repéré des cellules avec un circuit différent qui les rend plus résistantes », annonce-t-il. L'objectif est désormais de transposer ces découvertes à des modèles vivants.

Vers une médecine personnalisée

Si ces travaux aboutissent, ils pourraient permettre d'identifier les patients susceptibles de développer des résistances et de leur proposer d'emblée un traitement adapté, comme l'immunothérapie, malgré ses effets secondaires. À terme, la découverte d'un marqueur spécifique ouvrirait la voie à l'élimination ciblée des cellules résistantes. Ces recherches pourraient également bénéficier à d'autres cancers, comme certains cancers du poumon, où la voie MAPK est également impliquée.

La prévention reste essentielle

En parallèle, la Ligue contre le cancer rappelle les gestes de prévention : éviter l'exposition entre 12 h et 16 h, porter des vêtements protecteurs, appliquer de la crème solaire à indice élevé, et ne pas utiliser de cabines de bronzage. Car si les traitements progressent, la meilleure arme reste la protection.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale