Jérôme Guedj, député socialiste de l'Essonne, a vivement réagi aux accusations de maltraitance envers les personnes âgées durant la crise du Covid-19. Dans un entretien au Point, il a déclaré : « Les Français ne sont pas des salauds avec leurs vieux. » Cette prise de position intervient alors que plusieurs rapports ont pointé du doigt les conditions de vie dans les Ehpad, suscitant une vague d'indignation nationale.
Un député en première ligne pour défendre les aînés
Jérôme Guedj, qui préside également la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la pandémie, a tenu à nuancer le discours ambiant. Selon lui, les soignants et les familles ont fait preuve d'un dévouement exceptionnel. « On a beaucoup parlé de ce qui n'allait pas, mais on oublie que des milliers d'aides-soignants, de médecins et de proches se sont mobilisés sans compter », a-t-il souligné. Le député a rappelé que la France compte 7 500 Ehpad, accueillant plus de 600 000 résidents. « Ce sont des lieux de vie, pas des mouroirs », a-t-il insisté.
Les chiffres qui dérangent
Selon les données officielles, plus de 10 000 décès ont été enregistrés dans les Ehpad durant la première vague de l'épidémie. Un chiffre qui a alimenté la polémique. Mais Jérôme Guedj appelle à la prudence : « On ne peut pas réduire cette tragédie à une simple question de négligence. Le virus a été brutal, et les établissements ont été submergés. » Il a également rappelé que le gouvernement avait mis en place un plan d'urgence de 100 millions d'euros pour soutenir les Ehpad, mais que cela n'a pas suffi à éviter le pire.
Une solidarité à réinventer
Pour le député, la crise a révélé des failles structurelles dans le système de prise en charge des personnes âgées. « Il faut repenser le modèle, en donnant plus de moyens aux établissements, mais aussi en favorisant le maintien à domicile », a-t-il plaidé. Il a également salué l'initiative de certains citoyens qui ont organisé des chaînes de solidarité pour livrer des repas ou des médicaments aux seniors isolés. « Cela montre que la société française n'a pas perdu son sens de l'entraide », a-t-il conclu.



