Une infirmière de l'hôpital André Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), mise en examen en août 2025 pour avoir tourné et diffusé sur TikTok des vidéos à caractère pédopornographique mettant en scène des nourrissons, a été radiée de l'Ordre des infirmiers. La décision a été rendue jeudi par la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre, dont l'AFP a obtenu copie.
Des faits jugés « particulièrement probants et circonstanciés »
La chambre disciplinaire a rejeté les arguments de l'infirmière, qui invoquait la présomption d'innocence, l'affaire n'ayant pas encore été jugée pénalement. Elle a estimé que « Mme X ne contredit pas sérieusement avoir commis les faits » qui lui sont reprochés, à savoir « avoir commis sur un certain nombre de nourrissons » dans son service « des captations vidéos à connotation pornographique […] qui ont été échangées ou diffusées sur le réseau TikTok ».
L'infirmière affirmait avoir agi « sous emprise d'un tiers » et invoquait « l'absence d'intentionnalité délictuelle ». Cependant, pour la chambre, « les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement probants et circonstanciés ». Ils « mettent très gravement en cause, s'agissant d'une infirmière, ses devoirs déontologiques, en ayant porté une atteinte inouïe à la dignité et l'intimité du patient et de sa famille ».
Radiation et possibilité de réintégration après trois ans
La radiation de l'Ordre interdit à l'infirmière d'exercer son métier. Toutefois, après un délai de trois ans, elle pourra demander à la chambre disciplinaire de l'Ordre de revenir sur cette interdiction.
Une affaire révélée en août 2025
Début août 2025, l'infirmière et son ancien amant avaient été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour agressions sexuelles imposées à des mineurs de moins de 15 ans et complicité. Les chefs de mise en examen incluaient également, comme auteur ou complice, l'enregistrement, la détention et la transmission d'images à caractère pédopornographique.
Juliette S., l'infirmière mise en cause, a déclaré avoir agi à la demande de Redouane E., son ancien amant, qui lui aurait avoué « fantasmer sur des enfants », selon une source judiciaire. Dans une vidéo exploitée par les enquêteurs, l'infirmière met deux doigts dans la bouche d'un enfant. Dans une autre, le sexe d'un enfant est touché, « sous la forme de caresses » et d'un pincement.
En septembre 2025, le procureur de Bobigny avait indiqué qu'il y avait alors « deux nourrissons victimes » et que l'enquête se poursuivait.



