Dans une salle de classe du collège Jean-Moulin à Paris, les élèves de quatrième planchent sur un exercice de mathématiques. Mais aujourd'hui, l'enseignant n'est pas seul à les guider. Un assistant virtuel, propulsé par l'intelligence artificielle, analyse en temps réel les réponses des élèves et propose des exercices adaptés à leur niveau. « Je me sens comme un prof augmenté », s'enthousiasme Marc Dubois, professeur de mathématiques de 42 ans.
Une expérimentation qui se généralise
Comme Marc, ils sont plusieurs centaines d'enseignants en France à expérimenter l'intelligence artificielle en classe. L'expérimentation, lancée en janvier 2025 par le ministère de l'Éducation nationale, concerne aujourd'hui près de 500 établissements scolaires, de la primaire au lycée. L'objectif : tester des outils d'IA capables d'accompagner les élèves dans leurs apprentissages, de personnaliser les parcours et de libérer du temps pour les enseignants.
Des outils variés pour des usages multiples
Les outils testés sont variés. Certains, comme le logiciel « SmartCoach », analysent les réponses des élèves en temps réel et proposent des exercices de remédiation. D'autres, comme « ProfIA », aident les enseignants à préparer leurs cours en générant des exercices personnalisés ou en suggérant des ressources pédagogiques adaptées au niveau de la classe. « C'est un gain de temps considérable », explique Sophie Lefèvre, professeure d'histoire-géographie au lycée Victor-Hugo de Marseille. « Je passe moins de temps à corriger des exercices standardisés et plus de temps à accompagner les élèves en difficulté. »
Des bénéfices pour les élèves
Les premiers retours des élèves sont positifs. « L'assistant m'aide à comprendre mes erreurs et me propose des exercices qui correspondent à mon niveau », témoigne Léa, 14 ans, élève de troisième. « Avant, je me sentais perdue quand je ne comprenais pas un exercice. Maintenant, j'ai plus confiance en moi. » Les enseignants constatent également une amélioration de la motivation et de l'engagement des élèves, notamment ceux en difficulté.
Des limites et des craintes
Malgré ces résultats encourageants, l'expérimentation soulève des questions. Certains enseignants craignent une dépendance excessive à l'IA ou une déshumanisation de l'enseignement. « L'IA ne doit pas remplacer le professeur, mais l'assister », rappelle Marc Dubois. « Il est essentiel de garder une relation humaine avec les élèves. » Des inquiétudes portent également sur la protection des données personnelles des élèves et la fiabilité des algorithmes. Le ministère assure que des garde-fous sont mis en place, avec un encadrement strict des données collectées et une validation pédagogique des outils.
Vers un déploiement national ?
Le bilan de l'expérimentation sera dressé en juin 2026. Si les résultats sont concluants, le gouvernement envisage un déploiement progressif de l'IA dans les établissements scolaires à partir de la rentrée 2027. « L'intelligence artificielle est une opportunité pour notre système éducatif, à condition de l'utiliser avec discernement », a déclaré le ministre de l'Éducation nationale. En attendant, les enseignants comme Marc Dubois continuent d'explorer les possibilités offertes par cette technologie, convaincus qu'elle peut contribuer à une école plus inclusive et plus efficace.



