Un père sauve son fils de la dialyse
À l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, Sébastien Arnault, habitant de Servian dans l'Hérault, raconte son parcours exceptionnel. Il y a douze ans, son père Gérard, alors âgé de 72 ans, lui a donné un rein, lui évitant ainsi la dialyse qu'il redoutait. "Ma mère m'a donné la vie et mon père me l'a sauvée", résume Sébastien.
Un diagnostic brutal en 2013
Depuis son plus jeune âge, Sébastien souffrait de problèmes rénaux. En 2013, à 32 ans, son état s'aggrave soudainement. Après une semaine d'hospitalisation et des examens, le diagnostic tombe : altération sévère de sa fonction rénale. Il est inscrit sur la liste nationale d'attente de l'Agence de la biomédecine pour une greffe de rein. Sébastien avoue avoir eu "une peur bleue de la dialyse". Son père Gérard propose alors immédiatement de lui donner un rein.
Un parcours d'un an et demi
De janvier 2013 à juillet 2014, père et fils enchaînent bilans sanguins, radiographies, échographies et consultations pour vérifier leur compatibilité et s'assurer que Gérard pouvait vivre avec un seul rein. Sébastien se souvient : "Je me remémore nos échanges en voiture durant les trajets pour aller à nos rendez-vous, que de bons moments." Gérard a dû passer devant le tribunal de grande instance et le comité des donneurs vivants pour confirmer sa décision "libre, sans contrainte morale ou financière".
Un imprévu de dernière minute
Un mois avant l'opération, un calcul rénal chez Gérard a failli tout compromettre. "Mon père avait peur de ne plus pouvoir me donner le rein que j'attendais tant", raconte Sébastien. Finalement, l'intervention a eu lieu à la clinique Lapeyronie de Montpellier. Les deux hommes ont été séparés dès leur arrivée et placés en soins intensifs dans des chambres différentes pour éviter les infections. Ils ne se sont revus qu'une semaine plus tard.
Une vie sous traitement
Après trois mois d'arrêt et de nombreux allers-retours à l'hôpital, Sébastien a repris le travail. Il est suivi régulièrement au CHU de Montpellier et prend quotidiennement "une dizaine de cachets par jour". Il rappelle : "La greffe n'est pas une guérison mais un traitement." Son principal stress : les rendez-vous mensuels où sa tension grimpe. "Il faut parfois trois essais aux médecins pour en avoir une correcte", confie-t-il avec humour. Son médecin lui répète : "La greffe s'est faite pour vivre, alors profitez, car tout le monde n'a pas la chance d'avoir un donneur."
Des liens renforcés par l'épreuve
Le parcours a profondément renforcé la complicité entre père et fils. En 2015, pour le premier anniversaire de sa greffe, Sébastien a offert à Gérard un pendentif en forme de rein, que ce dernier ne quitte plus. Aujourd'hui, ils plaisantent : "Prends bien soin de mon rein, je ne vais pas pouvoir te donner le deuxième !", lui rappelle souvent son père. Sébastien mesure sa chance : "Certains restent des années en dialyse sans trouver de donneur, mais moi, j'ai été greffé bien avant grâce à mon papa."



