Hantavirus sur un navire de croisière : deux cas confirmés, trois morts
Hantavirus : deux cas confirmés, trois morts sur un navire

Hantavirus sur un navire de croisière : deux cas confirmés, trois morts… Ce que l’on sait

L’Organisation mondiale de la Santé a fait état de trois morts liées à un présumé foyer d’infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l’Atlantique.

Depuis ce week-end, le « MV Hondius » – un bateau de croisière néerlandais qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert – est au cœur de l’attention après la mort de plusieurs personnes qui pourrait être due à un hantavirus. Cas suspects, cas confirmés, décès… Voici ce que l’on sait de la situation.

La liste des cas nouveaux ou suspectés s’allonge

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état ce mardi 5 mai de deux cas confirmés d’hantavirus, un de plus qu’auparavant. Le premier passager est actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud. Ce Britannique a été débarqué le 27 avril, selon le croisiériste Oceanwide Expeditions. Concernant le deuxième passager, aucune information n’a été communiquée pour l’heure.

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Cinq autres passagers sont également suspectés d’être en lien avec le foyer décelé sur le bateau de croisière néerlandais bloqué au Cap-Vert. L’OMS soupçonne une « transmission interhumaine » entre les personnes contaminées. « Compte tenu de la durée de la période d’incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu’ils ont été infectés en dehors du navire », et « nous pensons qu’il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit », a expliqué la directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Dimanche, l’organisation internationale avait fait état de trois morts – dont un couple de retraités hollandais, selon la presse locale « De Telegraaf » – liés à ce foyer d’infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Il n’est toutefois pas encore établi si le virus est à l’origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions.

L’accostage confirmé aux Canaries

Refusé en début de semaine au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le navire fait désormais route vers l’Espagne. Madrid a en effet accepté ce mardi un accostage du bateau aux Canaries, selon l’OMS, sur les îles de Las Palmas et Tenerife. À bord du bateau se trouvent 149 personnes de 23 nationalités. Les autorités espagnoles « ont indiqué qu’elles l’accueilleraient afin de mener une enquête complète (…) et, bien sûr, d’évaluer les risques pour les passagers présents à bord », a annoncé à la presse Maria Van Kerkhove.

L’OMS à la recherche des passagers d’un vol

L’Organisation mondiale de la santé est par ailleurs à la recherche des passagers du vol à bord duquel la croisiériste néerlandaise de 69 ans – dont le mari de 70 ans est décédé à bord du bateau – a voyagé entre l’île de Saint-Hélène, à proximité du Cap-Vert, et Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle avait été débarquée à Sainte-Hélène le 24 avril « avec des symptômes gastro-intestinaux » pour ensuite embarquer le lendemain pour Johannesburg, indique l’OMS. Elle est décédée le 26 avril et son infection à l’hantavirus a pu être confirmée lundi.

Un rapatriement des malades envisagé aux Pays-Bas

Deux membres d’équipage présentent actuellement des symptômes respiratoires aigus, « l’un léger et l’autre sévères. Tous deux ont besoin de soins médicaux urgents », selon un communiqué d’Oceanwide Expeditions, diffusé lundi. La direction nationale de la santé cap-verdienne a annoncé dans un communiqué, mardi, avoir demandé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas l’envoi d’ambulances aériennes « dans les meilleurs délais » pour procéder à « l’évacuation des patients ».

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« L’OMS, en coopération avec les autorités du Cap-Vert et des Pays-Bas, et les exploitants du navire, travaillent à ce que les deux personnes malades soient évacuées aux Pays-Bas afin d’y être soignées », a assuré Maria Van Kerkhove. Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué qu’il « étudiait actuellement les possibilités d’évacuer médicalement quelques personnes du navire ». « Si cela s’avère possible, le ministère des Affaires étrangères se chargera de la coordination », a affirmé un porte-parole.

Sur le « MV Hondius », hygiène et isolement stricts

« Des mesures de précaution strictes sont en cours à bord, notamment des mesures d’isolement, des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale », a indiqué le croisiériste Oceanwide Expeditions, lundi. « L’option de poursuivre la navigation vers Las Palmas ou Tenerife est envisagée comme porte d’entrée pour le débarquement, où des contrôles médicaux supplémentaires et la prise en charge pourraient avoir lieu ».

L’OMS tente de rassurer

Le possible foyer d’hantavirus présente un « faible risque » de propagation, a estimé le directeur régional de l’OMS Europe, dans un communiqué publié lundi. « Le risque pour l’ensemble du public demeure faible. Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettent « pas facilement entre personnes ».

Un virus transmis par certains rongeurs

Pour Virginie Sauvage, spécialiste à l’Institut Pasteur, à Paris, où elle est responsable du Centre national de référence des hantavirus, « seuls certains hantavirus que l’on retrouve uniquement chez les rongeurs tels que les rats, mulots, souris ou campagnols, se transmettent à l’homme ».