RCT : Bernard Lemaitre se confie après l'élimination en Champions Cup
Bernard Lemaitre : « Il faut de l’action » après l'élimination

Le président du Rugby club toulonnais, Bernard Lemaitre, s'est confié à Var-matin après l'élimination en demi-finale de Champions Cup face au Leinster (25-29) le 2 mai, avant la réception de Toulouse au Vélodrome le 9 mai.

Un week-end éprouvant

Interrogé sur son ressenti après la défaite, Bernard Lemaitre confie : « C'est éprouvant dans la mesure où on a perdu… et on est éliminé. Avant ça, il y avait de l'enthousiasme. On y croyait, moi le premier. Les faits ont prouvé qu'on avait raison de le penser. Malheureusement, on fait toujours une ou deux erreurs qui, je pense, nous ont coûté le match. »

Déception malgré un beau parcours

Le président ne cache pas sa déception : « Non, on n'est pas satisfait. On a toujours de l'ambition, même si elle peut paraître incertaine et démesurée. Mais bon, on aurait pu aller en finale et ça n'aurait pas non plus été injuste, non ? Donc oui, on a fait un beau parcours. C'est bien pour l'équipe, pour le staff qui a fait du très bon boulot. C'est le côté positif. Mais notre rêve, c'était d'aller en finale… et ça n'est pas le cas. Donc on est déçu, frustré, même s'il faut accepter. C'est la loi du sport. »

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Proximité avec le groupe

Bernard Lemaitre explique qu'il n'a pas pris la parole avant le match : « Non, je ne l'ai pas fait. Ce n'était pas nécessaire. J'ai senti l'équipe concernée, motivée, concentrée, très unie, vraiment ensemble. Si je n'ai pas parlé, j'étais présent en permanence avec le groupe aux entraînements, avant le match et pendant le séjour à Dublin. Rester au plus proche du groupe, c'est ma manière de m'impliquer. »

Au coup de sifflet final, il a vu ses joueurs s'écrouler : « Je l'étais également, mais mon rôle n'est pas de laisser entrevoir que je suis abattu ou perdu. C'est plutôt de garder la tête haute et montrer qu'on a été fidèle à la belle réputation du RCT en coupe d'Europe. On a prouvé au Leinster et aux 38 000 spectateurs qu'on était un adversaire de taille. »

Un championnat difficile

Concernant le Top 14, le président admet que le RCT est « très décroché » du top 6, à cinq points. « On n'est pas quelque peu décroché, on est très décroché. Et en plus de ça, la combinaison des derniers résultats ne nous est en rien favorable. Mais on ne doit pas avoir de regrets par rapport aux résultats des autres. Il faut plutôt accepter le fait que l'on n'a pas bien géré notre saison. Nous n'avons pas pu la mener à bien, notamment à cause de ces deux défaites à Mayol. Mais la netteté de ces deux revers face à Clermont (14-34) et au Stade français (27-46) veut peut-être aussi dire qu'on ne mérite pas d'y être, d'une certaine façon. Même si, oui, tout n'est pas perdu. Pour le top 6, il y a une infime chance… et on va la jouer à fond. »

Le défi toulousain

Cette « infime chance » débute par la réception de Toulouse au Vélodrome. « C'est un challenge tout aussi compliqué que celui de Dublin. Toulouse a une équipe que je considère comme supérieure. Ils ont eu deux semaines pour se reposer, se préparer et évacuer leur défaite à domicile. Nous, on sort d'un match extrêmement dur et d'une élimination. »

Interrogé sur la possibilité de rebondir face à une telle équipe, il répond : « C'est ce que tout le monde se dit, oui. Le dire et le penser, c'est bien. Maintenant, il faut de l'action. Parce qu'il y a une grande marge entre les deux. On va tout faire pour y arriver, mais on ne peut pas le garantir. L'an passé, il ne faut pas oublier que l'on a perdu avec une marge énorme face au Stade toulousain (16-50). On doit rester prudent face à une équipe qui, à mon sens, est supérieure à toutes les autres au sein du championnat français. »

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Bilan de la saison

En cas de non-qualification en phase finale, la saison serait-elle ratée ? « On peut se dire qu'on aura progressé en coupe d'Europe avec une demie et des qualifications qui ne doivent rien au hasard face aux Stormers ou à Glasgow, en Écosse. Dans les deux cas, nous n'étions pas donnés favoris. Mais pour ce qui est du Top 14, il est certain que la saison n'est pas réussie, non. On avait pour objectif d'être dans les deux premiers, directement qualifiés pour les demi-finales… ce n'est pas le cas. Ce championnat est de plus en plus difficile. Une saison se joue à peu de choses… et nous n'avons pas atteint nos objectifs. »

Quant à l'impact financier d'une non-qualification en Champions Cup, il sourit : « Sur le plan financier, la différence n'est pas énorme. La coupe d'Europe ne paye pas beaucoup. Désespérément peu, même. En revanche, sur le plan sportif, on y perdrait beaucoup. »

Il conclut sur la réputation du club : « D'où Toulon tire-t-il sa réputation ? De son triplé dans les années 2010. Quelque chose d'exceptionnel qui, pour l'instant, n'a pas été imité. Alors, il faut se battre pour, a minima, se qualifier pour la Champions Cup… et peut-être mieux. »