Grève des psychiatres : 30% de postes vacants à l'hôpital
Grève des psychiatres : 30% de postes vacants

Les syndicats de psychiatres hospitaliers et des structures publiques appellent à la grève ce jeudi pour dénoncer la « crise profonde » du secteur, qui « s'aggrave », en l'absence de réelles solutions politiques. Malgré la « grande cause nationale » dédiée à la santé mentale, la discipline ne va pas bien. Aujourd'hui, 30 % des postes de psychiatres hospitaliers et 15 % des postes d'interne en psychiatrie ne sont pas pourvus. Il manque « 10.000 lits d'hospitalisation » et « des centaines de patients » à orientation « restent plusieurs jours aux urgences » dans l'attente d'une place, constatent ces organisations.

Une mobilisation inédite des syndicats de psychiatres

Les organisations à l'origine de cet appel sont l'Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique (IDEPP), le Syndicat des psychiatres d'exercice public (SPEP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l'Union syndicale de la psychiatrie (USP). Elles dénoncent une situation qui se dégrade malgré les annonces gouvernementales. Un rassemblement est prévu ce jeudi devant le ministère de la Santé à 11 heures.

Une « faible progression » budgétaire pointée du doigt

La psychiatrie souffre aussi de « la plus faible progression » budgétaire « toutes disciplines » médicales confondues, intensifiant le manque de « moyens, ressources » et les trop faibles rémunérations, critiquent ces syndicats. Ils déplorent encore la « vétusté criante des locaux et équipements », pour accueillir 480.000 patients à l'hôpital et 2 millions en ambulatoire, dans les centres médico-psychologiques (CMP), dont les listes d'attente explosent.

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Des missions toujours plus nombreuses sans moyens

Malgré ces difficultés, les pouvoirs publics demandent aux structures d'assumer toujours plus de missions, comme l'objectif de mettre fin aux contentions d'ici 2030, ou le nouveau « coupe-file » pour les jeunes en souffrance psychique signalés par l'éducation nationale. En juin, après une réunion interministérielle sur la grande cause santé mentale, ces syndicats s'étaient dits « consternés » par les « réponses inconsistantes » du gouvernement : « on a trouvé de la communication, des promesses vagues, des mesures cosmétiques ou irréalisables, sans moyens supplémentaires », avaient-ils tancé.

Des revendications claires pour un plan de redressement

Ils réclament entre autres la « coconstruction d'un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique », « la revalorisation des revenus et la reconnaissance de la pénibilité » du métier, et une « augmentation significative de la capacité en lits et places ». Ces mesures visent à répondre à la pénurie de personnel et à l'engorgement des urgences, qui touchent des centaines de patients chaque jour.

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