Floriane raconte son combat contre la peur de vomir : de l'obsession à la libération
Floriane raconte son combat contre l'émétophobie

Longtemps restée dans le déni, Floriane, 35 ans, raconte comment sa peur panique de vomir a envahi son quotidien, jusqu'à bouleverser sa vie de famille, avant d'entamer un travail thérapeutique libérateur.

Une peur envahissante et méconnue

Encore peu connue, l'émétophobie — cette peur intense et irrationnelle de vomir ou d'y être confronté — peut s'immiscer dans tous les aspects du quotidien. Floriane, 35 ans, mère de deux enfants à Mandelieu, en a longtemps sous-estimé l'impact. « Je pensais que c'était normal », confie-t-elle.

Pourtant, sa peur de vomir s'est insinuée partout, jusqu'aux mots eux-mêmes. « Entendre ou simplement prononcer le mot “vomi” suffisait à me déclencher une angoisse immédiate. Mon corps s'emballait, j'avais des bouffées de chaleur, des malaises, et cette impression affreuse de ressentir physiquement les symptômes des autres. »

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La maternité comme déclencheur d'un contrôle obsessionnel

L'arrivée de ses enfants a rendu ce calvaire encore plus étouffant. « Avec la maternité, ma peur a changé de cible : ce n'était plus mes propres malaises que je redoutais, mais les leurs », explique-t-elle. Pour tenter de s'apaiser, elle bascule alors dans une quête de contrôle absolu. « Je vérifiais tout, l'hygiène, les produits laitiers, les œufs, les dates de péremption… Je le faisais de manière obsessionnelle pour me rassurer. »

Les rituels, comme le lavage compulsif des mains, transforment le quotidien en cauchemar. « Un jour, mon mari m'a dit qu'il avait mal au ventre. J'ai paniqué, je suis partie dormir chez ma mère… et j'ai eu tellement honte de ma réaction. »

La thérapie EMDR comme chemin de guérison

Bien décidée à briser ce cercle vicieux, Floriane débute une thérapie EMDR. Ce travail de fond fait rapidement remonter à la surface un souvenir clé, pourtant occulté. « J'avais huit ans et j'ai été profondément traumatisée par la vision d'un homme qui vomissait dans la rue. »

Il y a quelques semaines, Floriane a pu mesurer concrètement les effets de sa thérapie lorsque son fils a attrapé une gastro-entérite : « J'ai eu un gros moment de stress, c'est vrai, mais je ne me suis pas enfuie… Je suis restée et je me suis occupée de lui. C'est un immense progrès pour moi. »

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