L'Institut Thomas More, think tank libéral, a répondu aux critiques suscitées par son récent rapport sur le financement de l'hôpital public. Dans une note publiée le 12 mars 2025, l'institut assume pleinement ses analyses et préconisations, malgré les vives réactions du monde hospitalier.
Un constat alarmant sur les finances hospitalières
Selon le rapport, le déficit cumulé des hôpitaux publics français atteindrait 2,5 milliards d'euros en 2024, un chiffre en hausse de 15 % par rapport à 2023. L'Institut Thomas More attribue cette situation à une gestion inefficace et à un manque de productivité, plutôt qu'à un sous-financement chronique. « Notre objectif n'est pas de stigmatiser les soignants, mais de pointer des dysfonctionnements structurels qui menacent la pérennité du système », déclare Jean-Philippe Delsol, président de l'institut.
Des propositions controversées
Le rapport préconise notamment une augmentation de la participation financière des patients, une réduction du nombre de lits et une fusion d'établissements. Ces mesures ont été vivement critiquées par les syndicats de personnels hospitaliers et par plusieurs élus de gauche, qui y voient une remise en cause du service public. L'Institut Thomas More rétorque que ces réformes sont nécessaires pour éviter un effondrement du système.
Une défense argumentée
Dans sa note de réponse, l'institut détaille les bénéfices attendus de ses propositions : une économie de 1,2 milliard d'euros par an grâce à la rationalisation des achats, et une réduction des délais d'attente de 30 % dans les services d'urgence. « Nous ne faisons que reprendre des recommandations déjà émises par la Cour des comptes et le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie », ajoute Delsol.
Réactions du gouvernement
Le ministère de la Santé a pris acte du rapport sans le cautionner officiellement. Une source ministérielle indique que « des pistes de réforme sont à l'étude, mais aucune décision n'est prise ». Le gouvernement semble vouloir temporiser, alors que la grogne monte dans les hôpitaux, où des mouvements de grève sont annoncés pour avril.
Un débat qui s'annonce vif
L'Institut Thomas More appelle à un débat « apaisé et factuel » sur l'avenir de l'hôpital. Cependant, les positions restent tranchées : d'un côté, les partisans d'une réforme libérale ; de l'autre, les défenseurs d'un service public renforcé. Le rapport a déjà été utilisé par la majorité présidentielle pour justifier des coupes budgétaires, ce que l'institut dément. « Nous ne sommes pas un instrument politique, nous produisons des analyses indépendantes », insiste Delsol.
Impact sur le monde hospitalier
Les associations de patients et les fédérations hospitalières dénoncent une vision « comptable » de la santé. La Fédération hospitalière de France (FHF) estime que les propositions de l'Institut Thomas More aggraveraient les inégalités d'accès aux soins. En réponse, l'institut souligne que son rapport inclut des mesures de protection pour les plus vulnérables, comme le plafonnement des restes à charge.
Le débat sur le financement de l'hôpital est loin d'être clos. Avec un déficit qui continue de se creuser, les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir du système de santé français.



