Le centre d'accueil et de crise Ginette-Amado, situé dans le 13e arrondissement de Paris, a définitivement fermé ses portes le 30 juin 2025. Cette structure, unique en son genre, proposait une prise en charge psychiatrique d'urgence sans rendez-vous, 24 heures sur 24. Sa fermeture, décidée par l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France, laisse un vide dans l'offre de soins en santé mentale dans la capitale.
Une structure pionnière sacrifiée
Ouvert en 1997, le centre Ginette-Amado était un lieu de référence pour les personnes en crise psychique. Il accueillait environ 3 000 patients par an, selon les données de l'établissement. Les soignants, réunis en collectif, dénoncent une décision brutale et incompréhensible. « Tout ce qu'on a bâti est jeté à la poubelle du jour au lendemain », s'indigne une infirmière du centre, sous couvert d'anonymat.
L'ARS justifie cette fermeture par des contraintes budgétaires et une volonté de réorganiser l'offre de soins. Cependant, pour le collectif de défense du centre, cette décision met en péril l'accès aux soins pour les plus vulnérables. « C'est une catastrophe sanitaire et sociale », ajoute un psychiatre ayant travaillé sur place.
Des conséquences immédiates pour les patients
Depuis la fermeture, les patients sont redirigés vers d'autres structures, souvent saturées. Selon un rapport de l'ARS, le taux d'occupation des lits en psychiatrie d'urgence dans Paris est déjà de 95 %. « Les patients risquent de tomber dans des failles du système », prévient le collectif. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 10 000 signatures pour demander la réouverture du centre.
Le centre Ginette-Amado était également un lieu de formation pour les internes en psychiatrie. Sa fermeture affecte donc aussi la formation des futurs médecins. « C'est un savoir-faire unique qui disparaît », déplore un enseignant-chercheur.
Une mobilisation qui s'organise
Un rassemblement est prévu le 15 juillet devant l'ARS pour protester contre cette décision. Le collectif appelle les élus locaux et nationaux à se saisir du dossier. « Nous demandons une table ronde avec toutes les parties prenantes pour trouver une solution pérenne », déclare un porte-parole.
La mairie de Paris s'est dite « préoccupée » par cette fermeture et a demandé à l'ARS de revoir sa copie. De son côté, le ministère de la Santé n'a pas encore réagi officiellement. L'avenir du site reste incertain, mais les soignants promettent de ne pas baisser les bras.



