L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé le cap des 2 500 morts, a annoncé l'ONU vendredi 21 août 2026. Le coordinateur principal d'Ebola pour les Nations unies, Julien Harneis, a décrit une progression exponentielle de la maladie, qui s'étend désormais sur une superficie plus vaste que la France, et a mis en garde contre un risque de propagation aux pays voisins.
Une épidémie sans précédent en RDC
Déclarée le 15 mai dernier, cette flambée a déjà causé « plus de 2 500 morts », selon Julien Harneis, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à Genève. Il a précisé que la moitié de ces décès était survenue « au cours des 20 derniers jours », illustrant l'accélération de la crise. « L'épidémie progresse de manière exponentielle. L'épidémie s'étend largement : elle couvre désormais une superficie supérieure à celle de la France », a-t-il déclaré.
En seulement trois mois, cette épidémie a dépassé celle de 2018-2020 dans l'est de la RDC, qui était considérée comme la plus meurtrière de l'histoire du pays avec 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). De plus, l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC) indique que la RDC a recensé, en trois mois, sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts que lors des trois premiers mois de la plus grande épidémie d'Ebola jamais enregistrée, qui avait fait plus de 11 300 morts en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.
Une riposte entravée par le manque de moyens
La souche actuelle, dite Bundibugyo, ne dispose d'aucun vaccin ou traitement spécifique homologué. Des essais cliniques sont en cours, et 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, ont été envoyées en RDC pour évaluer son efficacité contre Bundibugyo. La riposte, sous-financée, est critiquée pour sa lenteur et son manque d'organisation, et se heurte à la défiance d'une partie de la population.
Julien Harneis a rappelé que 43 agents de santé étaient morts du virus et que d'autres avaient été attaqués, notamment à bord d'ambulances ou dans des infrastructures de santé. « L'ordre public est mis à mal et les services de base, notamment la santé, ont été fragmentés. Les conditions d'intervention sont extrêmement rudes », a-t-il souligné, alors que de nombreux groupes armés sont actifs dans les régions touchées, compliquant l'accès aux populations.
Un appel à intensifier la réponse
Javid Abdelmoneim, président international de Médecins sans frontières (MSF), a confirmé dans un communiqué que « cette épidémie continue de se propager, à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre ». Il a insisté sur la nécessité d'aller au-delà des lits supplémentaires : « Cette réponse nécessite bien plus que des lits supplémentaires. Elle requiert un meilleur dépistage, l'isolement sécurisé des personnes malades et de leurs contacts, ainsi qu'un soutien aux professionnel·le·s de santé. »
Julien Harneis a appelé à renforcer les effectifs et à acheminer davantage de ressources vers les zones reculées de l'est de la RDC, affirmant que cela pourrait « en quelques mois, ralentir la transmission et parvenir à y mettre un terme ». Il a prévenu : « Si nous ne le faisons pas […] cette épidémie deviendra plus meurtrière. Elle s'étendra davantage et risque de se propager aux pays voisins. »
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.



