L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un cap tragique : le bilan dépasse désormais 2 500 morts, et l'ONU alerte sur une progression « exponentielle » de la maladie. Alors que les équipes médicales peinent à endiguer la propagation, la communauté internationale est appelée à intensifier d'urgence son soutien.
Une progression alarmante dans l'est du pays
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'exprime au nom des Nations unies, le nombre de cas confirmés et probables ne cesse d'augmenter dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, épicentres de l'épidémie. Les derniers chiffres font état de plus de 2 500 décès, un record depuis le début de cette flambée, déclarée il y a plus d'un an.
« Nous assistons à une accélération inquiétante de la transmission », a déclaré le coordonnateur humanitaire de l'ONU en RDC, David McLachlan-Karr, lors d'un point de presse à Kinshasa. « Chaque semaine, de nouveaux foyers apparaissent, souvent dans des zones difficiles d'accès, ce qui complique considérablement la riposte. »
Une réponse entravée par l'insécurité et la méfiance
La lutte contre le virus est entravée par l'insécurité chronique dans l'est de la RDC, où des groupes armés multiplient les attaques contre les centres de traitement. Plusieurs agents de santé ont été blessés ou tués, et certains villages refusent encore la vaccination, alimentés par des rumeurs et une défiance envers les autorités.
Malgré ces obstacles, plus de 200 000 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne, selon l'OMS. Mais le rythme actuel de contamination, qualifié d'« exponentiel » par les experts, risque de dépasser les capacités de réponse locale. Les hôpitaux de Goma et de Beni, déjà saturés, peinent à accueillir les nouveaux patients.
Un appel à la mobilisation internationale
Face à cette situation, l'ONU a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour débloquer des fonds supplémentaires et renforcer l'envoi de personnel médical spécialisé. Le plan de réponse humanitaire pour la RDC n'est financé qu'à hauteur de 45 %, un manque de moyens qui compromet les opérations de surveillance et de prise en charge.
« Nous sommes à un tournant décisif », a insisté David McLachlan-Karr. « Sans une action immédiate et coordonnée, le virus pourrait se propager aux pays voisins, comme le Rwanda et l'Ouganda, déjà en alerte. » Les autorités congolaises, de leur côté, appellent à la solidarité régionale et à un renforcement des contrôles aux frontières.
Alors que le bilan s'alourdit de jour en jour, la priorité reste d'atteindre les zones les plus reculées et de rétablir la confiance des populations. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la riposte parviendra à inverser la tendance, ou si l'épidémie continuera de s'étendre dans une région déjà fragilisée par des décennies de conflits.



