Déserts médicaux : des députés exigent une régulation après des chiffres alarmants
Déserts médicaux : des députés exigent une régulation urgente

Déserts médicaux : un groupe transpartisan de députés sonne l'alarme

Le groupe transpartisan de députés contre les déserts médicaux, animé par Guillaume Garot (Mayenne), a lancé un appel pressant au gouvernement ce mercredi. Il demande la relance du débat parlementaire sur la régulation de l'installation des médecins, suite à la publication des derniers chiffres de l'Ordre des médecins qui confirment la persistance de fortes inégalités d'accès aux soins sur le territoire national.

Des inégalités qui s'aggravent malgré les mesures

« Les effets d'annonce ne suffisent plus », estime le groupe, qui rassemble des élus allant de La France Insoumise (LFI) aux Républicains (LR). Dans un communiqué, les députés soulignent que « malgré l'augmentation du numerus clausus, malgré l'augmentation globale du nombre de médecins en activité en France, malgré les mesures d'incitation à l'installation qui coûtent chaque année des centaines de millions d'euros à l'État et à l'Assurance maladie, l'écart entre les territoires les mieux dotés et les moins bien dotés continue de grandir ».

Le groupe transpartisan appelle explicitement le gouvernement à « regarder en face cette réalité des chiffres » et à mettre à l'ordre du jour du Sénat la proposition de loi instaurant une régulation de l'installation des médecins. Cette proposition a déjà été adoptée par l'Assemblée nationale en mai 2025, bien que le gouvernement s'oppose à la régulation proposée.

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Les chiffres préoccupants de l'Ordre des médecins

L'Ordre des médecins a publié mardi son atlas annuel de la démographie médicale, qui confirme une tendance à la hausse (+2%) du nombre de médecins en activité régulière. Cette progression, amorcée en 2024, résulte notamment de l'augmentation du nombre d'étudiants dans les facultés de médecine.

Cependant, l'Ordre des médecins met en garde : « l'accès aux soins demeure une difficulté pleinement d'actualité, avec une majoration persistante des inégalités territoriales, affectant les soins primaires (médecine générale) et plus encore l'accès aux spécialistes médicaux et chirurgicaux ».

Des disparités territoriales criantes

Les statistiques révèlent des écarts dramatiques entre les départements :

  • La Creuse, le Cher et la Haute-Marne ont vu leur nombre de médecins baisser respectivement de 19,3%, 17,3% et 16,7% entre 2010 et 2026
  • À l'inverse, les Hautes-Alpes, la Savoie et la Haute-Savoie ont enregistré des augmentations respectives de 44,7%, 40,6% et 38,6% sur la même période

Le groupe transpartisan ajoute un chiffre particulièrement révélateur : « De juin 2024 à juin 2025, selon les chiffres de l'Assurance maladie, les installations de médecins sont en hausse de 3,5% en moyenne sur le territoire, mais en baisse de 1,7% dans les déserts médicaux ».

Cette situation paradoxale - augmentation globale du nombre de médecins mais aggravation des inégalités territoriales - explique l'urgence exprimée par les députés. Ils estiment que les mesures actuelles, pourtant coûteuses, ne parviennent pas à enrayer la désertification médicale de certains territoires, tandis que d'autres continuent de concentrer les professionnels de santé.

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