Plan du gouvernement pour désengorger les urgences cet été
Désengorger les urgences : le plan du gouvernement

Pour tenter de fluidifier l’arrivée des patients et leur prise en charge dans les services d’urgence, le ministère de la Santé a annoncé plusieurs mesures qui seront mises en place prochainement. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a détaillé ces dispositions vendredi 5 juin, lors du congrès des médecins urgentistes à Paris.

Filtrage par le 15 avant d'aller aux urgences

La première mesure concerne le filtrage de l’accès aux services d’urgence par le 15. Il faudra désormais appeler le SAMU avant de se rendre aux urgences. Ce service va être étendu pour lutter contre l’engorgement causé par des patients qui pourraient être pris en charge ailleurs. Actuellement, ce filtrage est décidé au cas par cas, souvent lors des pics épidémiques ou en été. La ministre a demandé que dès l’automne, la régulation soit déclenchée préventivement dans une centaine d’établissements en France, avant même les pics épidémiques, afin d’éviter l’augmentation des tensions.

Une baisse de 20 % des passages aux urgences

La liste des établissements concernés sera fixée par les Agences régionales de santé. Les modalités du filtrage (24 heures sur 24, ou seulement la nuit ou le week-end) seront décidées localement. « Il faut que la régulation soit déclenchée avant que les équipes ne soient en souffrance », a précisé la ministre. « Là où cette régulation pourra être pérennisée après le prochain hiver, il faudra qu’elle le soit. » En cas de régulation, une présence humaine reste assurée à l’entrée des urgences. Selon Mme Rist, la régulation par le 15 permet de réduire de 20 % les passages aux urgences sans dégrader l’accès aux soins, car 30 à 40 % des patients accueillis pourraient être pris en charge ailleurs.

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Accélération des centres de soins non programmés

Les travaux visant à mieux encadrer les centres de soins non programmés seront accélérés afin qu’ils constituent une véritable alternative aux urgences. La ministre a également souhaité que les hôpitaux systématisent la réorientation des patients à l’entrée des urgences, en les aidant à trouver une solution en médecine de ville si cela est adapté. « Je veux fixer un objectif ambitieux, que 100 % des établissements pratiquent la réorientation d’ici deux ans », a-t-elle déclaré.

Renforcement de l'aval des urgences

L’amélioration durable du fonctionnement des urgences passe également par un renforcement de leur aval. Trop souvent, des patients restent plusieurs heures aux urgences faute de lit disponible ou de solution d’hospitalisation adaptée, contribuant à l’engorgement. Le gouvernement prévoit la généralisation progressive de la gestion des lits, le développement des admissions directes en hospitalisation (notamment pour les personnes âgées), et le renforcement des capacités en médecine polyvalente, gériatrie et soins de réadaptation. Une attention particulière sera portée aux patients les plus fréquemment accueillis aux urgences pour mieux coordonner leur suivi.

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