Le Dr Philippe Kestemont, chirurgien esthétique spécialiste de la face et du cou à Nice, a réagi au décès d'une jeune femme de 25 ans survenu dans un salon d'esthétique niçois. Alors que le parquet de Nice a ouvert une enquête et placé deux personnes en garde à vue, il rappelle avec vigueur qu'une injection esthétique est un acte médical qui ne peut être pratiqué que par un médecin. Sans commenter le dossier en cours, il alerte sur la multiplication des injections clandestines, un phénomène qu'il qualifie de « véritable problème de santé publique ».
Un drame qui relance l'alerte
« Il faut être très prudent car une enquête est en cours et nous ne connaissons ni le produit injecté ni les circonstances exactes », précise le Dr Kestemont. Mais un point est certain : un non-médecin n'a pas le droit de pratiquer des injections à visée esthétique. Ce n'est pas un simple fait divers, c'est un fait de société. Les injections clandestines se multiplient. Il faut continuer à alerter, parce que les risques sont réels. » Ce décès rappelle un autre drame survenu près de Lyon, où une femme est décédée après des injections clandestines dans les fesses, probablement des suites d'une embolie.
Les risques des injections non médicales
Les complications possibles sont nombreuses. La plus fréquente est la réaction allergique, mais il existe des complications vasculaires bien plus graves. Si un produit obstrue une artère, la peau peut se nécroser en quelques heures. Dans certains cas, la vision peut également être atteinte. Même chez un médecin, un accident peut arriver en raison de particularités anatomiques. « La différence, c'est qu'un médecin sait reconnaître immédiatement une complication et mettre en place le traitement adapté. Lorsqu'une injection est réalisée par une personne non formée, le diagnostic est souvent retardé de plusieurs heures, voire plusieurs jours, et les séquelles peuvent devenir irréversibles », explique le chirurgien.
Pourquoi les injections clandestines prospèrent
Le Dr Kestemont déplore que ces pratiques continuent de se développer malgré ses alertes répétées. Il pointe du doigt le rôle majeur des réseaux sociaux. Les « fake injectors » mettent en avant des photos avant-après, promettent des résultats spectaculaires et pratiquent des prix très attractifs. Beaucoup de jeunes finissent par leur faire confiance sans mesurer les risques. « Ces personnes continuent d'exercer parce que les procédures judiciaires sont souvent longues. Pendant ce temps, elles poursuivent leur activité, parfois en changeant de lieu ou en utilisant les réseaux sociaux pour recruter de nouvelles clientes. On est face à des réseaux très organisés de type mafieux », ajoute-t-il.
Les signes d'alerte et la prévention
Les premiers signes d'une complication sont parfois difficiles à reconnaître pour un patient. Une douleur importante, un blanchiment puis une coloration bleutée de la peau, des troubles visuels doivent conduire à consulter immédiatement. Mais le meilleur moyen d'éviter ces situations reste de ne jamais se faire injecter par une personne qui n'est pas médecin. « Il faut arrêter de considérer la médecine esthétique comme un simple soin de beauté. Une injection est un acte médical qui nécessite une connaissance précise de l'anatomie », insiste le Dr Kestemont. Il martèle un message simple : si la personne n'est pas docteur en médecine, elle ne doit pas injecter. C'est la meilleure protection.



