À l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, ce lundi 22 juin, le CHU de Nîmes a organisé une action de sensibilisation auprès du public. Objectif : lutter contre les idées reçues et rappeler l'importance de faire connaître sa volonté à ses proches.
Le principe du consentement présumé
"Nous sommes tous donneurs potentiels, sauf si nous avons exprimé notre refus." Derrière cette affirmation, encore méconnue du grand public, se cache le principe du consentement présumé, en vigueur en France depuis la loi Caillavet en 1976. Le CHU de Nîmes accueillait ce lundi un stand d'information animé par la coordination hospitalière des prélèvements d'organes et l'association France Rein Occitanie Gard-Lozère.
Déconstruire les idées reçues
Une initiative destinée à répondre aux questions du public et à déconstruire certaines idées reçues. Parmi les confusions les plus fréquentes figure celle entre le don d'organes et le don du corps à la science. "L'un n'empêche pas l'autre", rappelle François Ringard, infirmier de coordination au CHU de Nîmes. Une personne peut avoir fait le choix de donner son corps à la science tout en autorisant, au préalable, le prélèvement de ses organes.
Contrairement à une autre idée largement répandue, la loi n'a pas changé en 2017. Seules les modalités de refus ont été précisées. Toute personne qui ne souhaite pas donner ses organes peut s'inscrire sur le registre national des refus, rédiger un document écrit ou simplement faire connaître sa position à ses proches. Car la discussion familiale reste essentielle. "Quand le sujet a été abordé auparavant, les proches n'ont pas à prendre une décision dans un moment de douleur. Ils transmettent simplement la volonté de la personne décédée."
Sauver des vies
Chaque année, des milliers de patients attendent une greffe. Les reins restent les organes les plus demandés, avec parfois cinq à six ans d'attente avant une transplantation. Cœur, foie, poumons mais aussi tissus (cornées, tendons ou ligaments) peuvent également être prélevés. Il n'existe d'ailleurs aucune limite d'âge stricte : chaque situation est étudiée au cas par cas.
Malgré une hausse des prélèvements ces dernières années, les besoins continuent d'augmenter. En 2024, 852 personnes sont décédées faute d'avoir reçu une greffe à temps. Un constat qui inquiète particulièrement les associations, alors que les 18-24 ans sont aujourd'hui la tranche d'âge la plus opposée au don d'organes.
Pour Yannick, bénévole à l'association France Rein, et Christine, elle-même greffée, la transplantation représente pourtant "une lumière au bout du tunnel". Un témoignage concret qui rappelle qu'au-delà de la mort, le don d'organes permet avant tout de sauver des vies.



