Debout derrière son ordinateur, Daniel Drucker, professeur de médecine au Lunenfeld-Tanenbaum Research Institute de l'hôpital Mount Sinai à Toronto, raconte comment il a compris le rôle de l'hormone GLP-1. Pour illustrer son propos, il attrape une bouteille de tequila ornée d'un lézard sur l'étagère. « Vous voyez le lézard sur l'étiquette, c'est un monstre de gila, et c'est grâce à lui que tout a commencé », sourit-il.
Une découverte partie du venin du monstre de Gila
Dans les années 1990, en étudiant le venin de ce petit reptile commun dans le désert américain, l'endocrinologue a compris le rôle de l'hormone GLP-1 (glucagon-like peptide 1), découverte peu de temps auparavant. Depuis, il n'a cessé de se passionner pour ce domaine de recherche.
Des applications pharmaceutiques majeures
Ses travaux ont convaincu l'industrie pharmaceutique de faire des GLP-1 une nouvelle classe de médicaments, d'abord pour traiter le diabète de type 2, puis plus récemment l'obésité. Les recherches fondamentales de Drucker ont permis de mieux comprendre les mécanismes d'action de ces molécules et de montrer leur intérêt dans d'autres pathologies, notamment les maladies cardiovasculaires.
Des récompenses prestigieuses
Ces avancées lui ont valu de nombreux prix, dont le Breakthrough Prize l'an dernier et, cette année, le Grand Prix de la Fondation Lefoulon-Delalande - Institut de France, doté de 600 000 euros. Il partage ce prix avec le Danois Jens Juul Holst, également impliqué dans la découverte des GLP-1, aux côtés d'une poignée d'autres scientifiques.



