Cystite : les bons gestes pour éviter l'infection urinaire cet été
Cystite : les gestes préventifs à adopter cet été

À l'approche des vacances d'été, période propice aux infections urinaires, le Dr Renaud Ferrier, médecin généraliste à Cannes, rappelle les bonnes pratiques pour prévenir la cystite et les démarches à suivre en cas de symptômes. Près d'une femme sur deux en France connaît cette infection urinaire une à deux fois dans sa vie.

Symptômes et premiers signes

« Les principaux symptômes de la cystite sont des brûlures ou une douleur lorsqu'on urine, une envie fréquente, une faible quantité d'urine à chaque passage aux toilettes », liste le généraliste. Il précise qu'« une cystite simple s'accompagne d'une absence totale de fièvre ».

Les gestes préventifs essentiels

Pour prévenir l'infection, le Dr Ferrier recommande plusieurs mesures visant à empêcher les bactéries d'adhérer à la vessie et à les éliminer. « Il faut boire beaucoup, avoir une hygiène adaptée, ni extrémiste, ni négligente, et penser à uriner après les rapports sexuels », résume-t-il.

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Hydratation abondante

Boire abondamment permet d'effectuer un « rinçage mécanique » de la vessie. « Le meilleur repère est de regarder la couleur de ses urines », conseille le Dr Ferrier. Des urines foncées indiquent un besoin accru d'hydratation. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de boire entre 1,5 et 2 litres par jour, davantage en cas de forte chaleur ou d'effort physique soutenu.

Hygiène intime adaptée

Après un passage aux toilettes, il faut s'essuyer correctement. « L'essuyage c'est toujours d'avant en arrière pour diminuer le risque d'amener des colibacilles de l'anus vers la vulve », explique le médecin. Il déconseille le port du string, car ce sous-vêtement, avec la chaleur et la transpiration, « sert de chemin direct pour faire remonter les bactéries de l'anus vers l'urètre ». Le Dr Ferrier déconseille également de garder un maillot de bain serré, chaud et plein de sable sans se rincer correctement.

La toilette intime doit rester superficielle, en utilisant un savon basique. Les douches vaginales sont à proscrire car elles détruisent l'écosystème vaginal qui agit comme une barrière naturelle contre les bactéries. Enfin, uriner après un rapport sexuel permet de rincer l'urètre qui a pu être rapproché du périnée lors de la pénétration.

Conduite à tenir en cas de cystite

Si des signes caractéristiques de cystite surviennent, avant de recourir aux antibiotiques, les premiers gestes visent à soulager les symptômes et à éliminer mécaniquement les bactéries. Le Dr Ferrier recommande de s'hydrater davantage, de prendre brièvement, si besoin, un anti-inflammatoire (comme l'ibuprofène, en vente libre et en l'absence de problème digestif connu) et d'attendre entre 24 et 36 heures.

Si la situation persiste, une femme de moins de 65 ans (1) qui présente des symptômes classiques sans fièvre peut d'abord se rendre en pharmacie. De nombreux pharmaciens sont formés pour réaliser un test par bandelette urinaire. Si cet examen est positif, ils peuvent délivrer le traitement antibiotique adapté, la fosfomycine. En cas d'échec, il faut consulter un médecin. Si les symptômes s'accompagnent de fièvre, « c'est signe de complication, souligne le Dr Ferrier, et il faut directement consulter un médecin ».

Que faire en cas de récidive ?

Pour les femmes qui connaissent plus de quatre épisodes de cystite par an, le Dr Ferrier conseille de consulter leur médecin afin de rechercher des causes sous-jacentes (particularités anatomiques, troubles pelviens, ou liés à la ménopause). À titre préventif, le D-Mannose (un sucre non assimilé par le corps, qui s'élimine directement dans les urines) peut être prescrit. « Ce n'est pas un anti-infectieux, mais il a la propriété d'empêcher les bactéries de s'accrocher et d'adhérer à la paroi de la vessie », explique le médecin. Si nécessaire, le médecin réoriente les patientes vers un urologue ou une gynécologue.

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Idée reçue : la cystite ne s'attrape pas sur les toilettes

Le Dr Ferrier tord le cou à une idée reçue : « On n'attrape pas de cystite en s'asseyant sur la cuvette des toilettes. » Il rappelle que la cystite est une inflammation de la vessie, le plus souvent d'origine infectieuse, due à une bactérie provenant du système digestif de la patiente, l'Escherichia coli. La simple présence de cette bactérie ne suffit pas : « La cystite se déclenche quand l'Escherichia coli se met à adhérer, donc à coloniser la muqueuse. C'est cette adhésion qui détermine l'inflammation. » Le facteur déclencheur principal est le manque de rinçage de la vessie par l'action d'uriner. La ménopause, en provoquant une dégradation de l'écosystème vaginal, favorise également les infections urinaires.

(1) Les femmes de plus de 65 ans, ou souffrant d'une immunodéficience (par exemple en raison d'une corticothérapie ou d'une chimiothérapie en cours) doivent consulter un médecin.